La Société d'Agriculture et d'Élevage du Gabon (SAEG SA) et ASSALA Gabon, filiale de la Société Nationale des Hydrocarbures (GOC) active dans le secteur pétrolier, ont signé, le 16 janvier 2026 à Libreville, un partenariat stratégique portant sur la collecte, le regroupement et la commercialisation des productions agricoles locales dans les zones d'intervention d'ASSALA, notamment dans l'Ogooué-Maritime et la Ngounié. L'accord cible un verrou bien identifié de l'agriculture gabonaise : la difficulté persistante à écouler la production locale de manière régulière et rentable.
Créée 2024, la SAEG est un outil public de production et de structuration agricole, dont la mission est historiquement centrée sur le commerce et l'approvisionnement. Elle intervient en amont et au cœur des filières : organisation de la production, appui aux coopératives, encadrement technique et montée en capacité des exploitations agricoles. Elle a été conçue dans un contexte où le Gabon importait déjà plus de 60 % de ses besoins alimentaires, pour une facture dépassant 300 milliards FCFA par an, une dépendance qui demeure structurellement élevée aujourd'hui.
Toutefois, l'expérience a mis en lumière une limite structurelle : produire ne suffit pas sans chaîne de collecte et de commercialisation efficace. Faute de débouchés sécurisés, une part significative des récoltes locales était perdue ou vendue à bas prix, avec des pertes post-récoltes estimées entre 20 % et 30 % selon les filières. C'est précisément sur ce maillon que le partenariat avec ASSALA entend agir, en apportant une organisation logistique structurée et une visibilité commerciale aux producteurs.
Le dispositif prévoit une collecte au plus près des bassins de production, le regroupement des volumes, le transport vers des points de vente identifiés et un suivi régulier de la qualité et des quantités. Cette logique permet de stabiliser les revenus des coopératives, condition indispensable pour encourager l'investissement agricole et améliorer durablement l'offre locale. Dans un pays qui importe encore plus de 70 % de ses produits alimentaires transformés, l'enjeu est aussi macroéconomique : réduire la facture extérieure et atténuer la pression sur les prix.
La Rédaction
Publié le 17/01/26 17:24