Ghana : La production d’or en hausse de 21% à 170 tonnes en 2025

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Le Ghana consolide son statut de premier producteur d'or d'Afrique. En effet, à fin 2025, le pays a atteint un niveau de production historique de 6 millions d'onces, ce qui équivaut à 170 tonnes contre 140,6 tonnes en 2024, soit une hausse d'environ 21%, selon des chiffres provisoires communiqués par la Chambre des mines du Ghana. Une performance inédite qui traduit à la fois la résilience des grandes compagnies et la montée en puissance spectaculaire de l'Exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM).

Dans le détail, les mines industrielles ont maintenu une production stable de 2,9 millions d'onces (82,21 tonnes), un niveau comparable à celui de 2024. La véritable dynamique provient toutefois du segment artisanal, qui a généré environ 3,1 millions d'onces (87,88 tonnes), dépassant pour la première fois la contribution des grandes exploitations.

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Pour Kenneth Ashigbey, directeur général de la Chambre des mines, cette progression s'explique par deux facteurs majeurs. Il s'agit d'une part de la flambée persistante des cours mondiaux de l'or, qui a encouragé l'offre ; et d'autre part, des réformes engagées par le gouvernement, notamment le programme d'achat d'or visant à formaliser les circuits et à réduire la contrebande. ‘'Le niveau record des lingots a permis de détourner une plus grande partie de l'or artisanal vers les circuits formels'', a-t-il souligné en marge du Mining Indaba. Cette formalisation progressive marque un tournant stratégique pour Accra, qui cherche à capter davantage de valeur localement, notamment à travers le raffinage domestique de la production artisanale.

La production industrielle, restée stable, a bénéficié des performances de projets structurants comme Cardinal Namdini (Shandong Mining) et Ahafo North (Newmont), compensant la baisse des teneurs dans des sites plus matures tels que Damang (Gold Fields). Cependant, cette stabilité masque une vulnérabilité croissante. Les marges des compagnies pourraient être affectées par la réforme imminente du régime fiscal minier.

Une réforme des redevances qui divise

Le gouvernement ghanéen entend remplacer le taux fixe actuel par un barème progressif de 5% à 12%, indexé sur le prix de l'or. Objectif : augmenter la part des recettes publiques à mesure que les cours grimpent, dans un contexte où de nombreux États africains révisent leurs cadres extractifs pour maximiser les retombées budgétaires. Si l'exécutif a consenti à réduire une taxe existante pour faciliter l'adoption de la réforme, les opérateurs jugent le nouveau barème encore trop élevé.

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Selon un document de position de la Chambre des mines, une hausse de la redevance de 5% à 7% à un prix réalisé de 2 044 dollars l'once réduirait de 8% la valeur actuelle nette de la mine d'Obuasi exploitée par AngloGold Ashanti, la faisant passer sous les seuils de rentabilité standards. L'extension de la mine d'Edikan par Perseus Mining, évaluée à 170 millions de dollars, deviendrait quant à elle non rentable. Au total, ces deux projets représentent 1 344 emplois et plus de 800 millions de dollars de redevances et impôts futurs. Un arbitrage délicat entre maximisation des recettes publiques et maintien de l'attractivité du secteur. Pour 2026, le pays table sur une production de 6,5 millions d'onces (plus de 184 tonnes).

Publié le 14/02/26 10:03

Narcisse Angan

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