L'Afrique possède des réserves minières estimées à 29 500 milliards USD, mais une grande partie de cette richesse reste hors de portée. Selon l'Africa Finance Corporation, environ 8 600 milliards USD de ressources sont encore sous-développés, freinés par des données géologiques fragmentaires, une transparence limitée et une perception élevée du risque. Ce manque d'exploration empêche le continent de transformer ses ressources naturelles en véritable valeur économique.
Le rapport souligne que la valeur des sites miniers est souvent sous-estimée car elle ne prend pas en compte le potentiel de transformation locale. L'acier, l'aluminium, les batteries ou les engrais, produits à partir des minerais africains, pourraient créer une valeur bien supérieure à celle générée par l'exportation de matières premières brutes. Pour l'AFC, améliorer la qualité et la disponibilité des données géologiques est la première étape pour attirer les investissements nécessaires à la valorisation de ces ressources.
Aujourd'hui, la production minérale du continent reste largement orientée vers l'exportation, souvent dépendante des cycles asiatiques. Cette exposition aux marchés étrangers fragilise les producteurs africains face aux ralentissements de la demande mondiale, comme l'illustrent les fluctuations récentes du cobalt en République démocratique du Congo ou du manganèse au Gabon.
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Le rapport insiste sur le rôle des infrastructures pour débloquer ce potentiel. L'accès à l'énergie, aux transports et aux zones industrielles conditionne la viabilité de la transformation locale. Des corridors logistiques intégrés et des plateformes industrielles régionales pourraient non seulement réduire les coûts mais aussi aligner production, transformation et besoins de l'Afrique elle-même.
Certains projets montrent que cette dynamique est possible : l'Angola mise sur les terres rares, le Mozambique se positionne sur le graphite et les matériaux pour batteries, tandis que la production d'uranium reprend en Namibie et au Malawi. Le continent pourrait ainsi transformer ses ressources minières inexploitées en levier durable pour son industrialisation et sa prospérité économique.
Fanuelle YAO
Publié le 09/02/26 17:05
La Rédaction