En 2026, les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) feront à nouveau appel au marché régional des titres publics pour couvrir leurs besoins de financement. Selon les programmes annuels d'émissions rendus publics par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) le volume total recherché atteint 3 906,5 milliards de FCFA, soit environ 7 milliards USD. Une enveloppe en léger retrait par rapport aux montants levés en 2025.
Dans un environnement monétaire redevenu plus restrictif depuis la fin de l'année 2025, sous l'effet du resserrement opéré par la BEAC pour préserver les réserves de change, les États misent avant tout sur des instruments de court terme. Sur le total attendu, 2 038 milliards de FCFA prendront la forme de bons du Trésor assimilables (BTA), d'une maturité inférieure à un an, contre 1 868,5 milliards de FCFA en obligations du Trésor assimilables (OTA).
À ce resserrement de la politique monétaire s'ajoute celle du coût de l'endettement. Les rendements observés sur certaines obligations ont culminé à 13 % en 2025, pour une moyenne régionale de 8,53 % à fin août, selon la BEAC. Des niveaux attractifs pour les investisseurs, mais lourds de conséquences pour les budgets nationaux.
Dans ce cadre général, le Cameroun reste le principal animateur du marché en 2026. Première économie de la Cemac, le pays prévoit de lever 1 165 milliards de FCFA. Son programme combine des émissions régulières de bons du Trésor, à hauteur de 765 milliards de FCFA, destinées à couvrir les besoins de trésorerie, et 400 milliards de FCFA en obligations pour le financement du déficit budgétaire.
Le Gabon se positionne juste derrière, avec un objectif de mobilisation de 1 046 milliards de FCFA. Son calendrier se caractérise par une répartition relativement équilibrée entre titres de court et de moyen terme, avec 566 milliards de FCFA en BTA et 480 milliards en OTA.
Le Congo prévoit pour sa part de lever 690 milliards de FCFA en 2026. Contrairement à certains de ses voisins, Brazzaville accorde une place plus importante aux obligations, qui représentent 405 milliards de FCFA, contre 285 milliards en bons du Trésor.
Au Tchad, le programme d'émissions s'élève à 520 milliards de FCFA. Il repose majoritairement sur des obligations du Trésor à deux et trois ans, reflétant la volonté des autorités de mieux structurer la dette sur le moyen terme.
La Guinée équatoriale adopte une approche différente. Avec un objectif de 419 milliards de FCFA, son programme est largement concentré sur les bons du Trésor à 52 semaines. Vingt opérations de cette maturité sont prévues sur l'année 2026.
Enfin, la République centrafricaine affiche le programme le plus modeste de la zone, évalué à 66,5 milliards de FCFA. En recul par rapport aux prévisions de 2025, ces émissions prendront exclusivement la forme d'obligations, avec des maturités comprises entre deux et sept ans.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 13/01/26 13:44