Au Nigeria, le retrait d'une plainte ne suffit pas à éteindre les soupçons. En effet, la Commission indépendante de lutte contre la corruption et autres infractions connexes (ICPC) a confirmé qu'elle poursuivrait son enquête visant l'ancien directeur général de la Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), Farouk Ahmed, en dépit du retrait formel de la pétition initialement déposée par le magnat Aliko Dangote.
Dans un communiqué officiel, le porte-parole de l'ICPC, Okor Odey, a indiqué que l'agence anticorruption avait bien reçu, le 5 janvier 2026, une lettre des avocats de Dangote notifiant le retrait intégral de la plainte soumise le 16 décembre 2025. Cette pétition avait servi de déclencheur à l'ouverture d'une enquête portant sur de présumées malversations et des manquements à la gouvernance au sommet du régulateur pétrolier aval.
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L'ICPC se veut catégorique : la procédure ne dépend pas du maintien de la plainte par le plaignant. ‘'Les enquêtes avaient déjà commencé avant la réception de l'avis de retrait et se poursuivront conformément à la loi'', a souligné la Commission. Pour l'agence, l'enjeu dépasse le différend initial entre un opérateur privé et un ancien responsable public. Il s'agit d'une affaire relevant de l'intérêt général et de la crédibilité de la lutte anticorruption au Nigeria. Selon l'ICPC, une autre agence d'application de la loi a par ailleurs repris certains volets du dossier, sans que davantage de détails ne soient fournis à ce stade. La Commission promet toutefois transparence et fermeté, tout en rappelant sa détermination à conduire l'enquête " à son terme logique ", sans ingérence.
Il faut rappeler que la pétition de Dangote visait Farouk Ahmed, qui a dirigé la NMDPRA jusqu'à sa démission en décembre 2025, sur fond de controverses. Le milliardaire nigérian l'accusait notamment de corruption présumée, de détournement de fonds et d'avoir vécu au-dessus de ses moyens en tant que fonctionnaire. Parmi les allégations figuraient des dépenses estimées à plus de sept millions de dollars pour l'éducation de ses quatre enfants dans des établissements privés en Suisse, sans preuve, selon le plaignant, de revenus légaux correspondants.
Dangote reprochait également à l'ancien régulateur d'avoir nui au développement du raffinage national en favorisant, par la délivrance répétée de licences d'importation, des négociants internationaux et des importateurs de produits pétroliers, au détriment de la production locale. À ce jour, Farouk Ahmed n'a pas réagi publiquement à ces accusations. L'ICPC, de son côté, s'est abstenue de commenter le fond du dossier, rappelant que les investigations sont en cours et que toute conclusion devra s'appuyer sur des éléments probants, selon les informations de Reuters.
Narcisse Angan
Publié le 08/01/26 14:19