Pétrole : L’Afrique, nouvel eldorado des majors

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Après plusieurs années de prudence, les grandes compagnies pétrolières opèrent un virage net. L'Afrique redevient l'épicentre mondial de l'exploration pétrolière et gazière, attirant capitaux massifs et technologies de pointe. En 2026, le continent capte l'attention des majors, en quête de nouveaux relais de croissance pour compenser l'érosion progressive de leurs gisements historiques.

Selon les analystes de Rystad Energy, cités par Bloomberg, l'Afrique s'impose désormais comme la région la plus dynamique en matière de forage, aussi bien en mer qu'à terre. Le continent concentre à lui seul 17 puits d'exploration à fort impact prévus pour 2026, contre 8 puits en Asie, 6 puits respectivement en Amérique du Sud et en Europe, 2 puits au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, et 1 puit en Océanie. Cette avance est d'autant plus marquée que l'essentiel de ces projets se situe en eaux ultra profondes, à plus de 1 500 mètres sous la surface.

L'ultra profond, nouveau cœur stratégique

Parmi ces 17 puits, 12 relèvent de l'ultra ‘'deepwater''. Un chiffre révélateur de la stratégie adoptée par les opérateurs. Ces forages figurent parmi les plus complexes de l'industrie pétrolière, tant sur le plan technologique que financier. Leur coût peut atteindre plusieurs centaines de millions de dollars par puits, mobilisant des équipements lourds et une expertise de très haut niveau.

Cette concentration sur l'ultra profond distingue nettement l'Afrique des autres régions. En Asie et en Amérique du Sud, les projets restent plus modestes et davantage répartis entre eaux profondes classiques et plateau continental, sans véritable leadership sur les forages les plus extrêmes. L'Europe et l'Amérique du Nord apparaissent en retrait, avec des portefeuilles limités, tandis que le Moyen Orient et l'Océanie occupent une place marginale dans ce segment précis.

Un potentiel géologique encore intact

Ce regain d'intérêt repose sur un constat largement partagé par l'industrie. L'Afrique combine un sous-sol encore largement sous exploré et une probabilité élevée de découvertes majeures, commercialement viables. Pour les opérateurs, l'équation est devenue plus attractive que dans des régions matures où les coûts augmentent et les rendements diminuent.

Après avoir mis l'accent sur les énergies renouvelables et les technologies bas carbone, les grandes compagnies cherchent désormais à sécuriser leur production future. L'objectif est clair. Remplacer des gisements vieillissants dont le déclin est structurel, dans un contexte où la demande mondiale d'hydrocarbures reste élevée.

Dans cette perspective, l'Afrique apparaît comme l'une des dernières grandes frontières pétrolières capables d'offrir des découvertes de grande ampleur. Malgré la complexité technique croissante, les coûts relatifs demeurent compétitifs, en particulier dans les bassins offshore profonds et ultra profonds de la marge atlantique.

40% des grands forages mondiaux

La domination africaine se mesure aussi par son poids global. Près de 40% des puits d'exploration à fort impact dans le monde devraient être forés sur le continent. Ces projets sont qualifiés de stratégiques en raison de leur taille potentielle et de leur capacité à transformer durablement la trajectoire de production d'un pays, voire d'un groupe pétrolier.

Les zones les plus prometteuses se concentrent le long de la façade atlantique, en Afrique australe et dans le golfe de Guinée. Ces bassins captent l'essentiel des investissements annoncés et constituent le cœur du renouveau exploratoire africain. L'exploitation terrestre n'est pas en reste. Elle bénéficie de vastes territoires encore peu prospectés et de cadres réglementaires progressivement ajustés pour attirer les investisseurs internationaux.

Les majors repassent à l'offensive

Les décisions récentes des grandes compagnies confirment cette montée en puissance. Shell a renforcé sa présence au Nigeria et envisage un investissement pouvant atteindre 20 milliards de dollars dans le champ offshore de Bonga, l'un des piliers de la production nigériane en eaux profondes.

Voir aussi - Nigeria : Un pool conduit par Shell envisage 20 milliards USD dans un bloc pétrolier

De son côté, TotalEnergies a consolidé sa stratégie en Namibie, devenue l'un des nouveaux foyers de l'exploration mondiale, en acquérant 40% du gisement de Mopane, opéré par Galp Energia, à la suite de découvertes jugées très prometteuses. Le groupe français prévoit par ailleurs de trancher cette année sur une décision finale d'investissement concernant une découverte antérieure, signe du passage de l'exploration à l'exploitation industrielle.

Publié le 02/02/26 12:07

La Rédaction

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