Tchad : Commerce informel et fiscalité locale, le défi des marchés de N’Djaména

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La concertation du 8 janvier 2026 entre le ministre du Commerce et de l'Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, et le maire de N'Djaména, Senoussi Hassana Abdoulaye, remet au centre un enjeu structurel longtemps relégué au second plan, autour de l'organisation des marchés urbains comme levier de fiscalité locale. Dans la capitale tchadienne, l'activité commerciale repose majoritairement sur l'informel, avec des sites souvent saturés, peu aménagés et faiblement régulés. Ce désordre urbain se traduit par une faible traçabilité des activités et une captation limitée des recettes municipales, alors même que le commerce constitue l'un des premiers pourvoyeurs d'emplois urbains.

Pour les finances locales, le manque à gagner est significatif. Taxes de marché, droits d'occupation du domaine public, redevances journalières ou mensuelles : une grande partie de ces ressources potentielles échappe à la mairie faute de structuration des espaces commerciaux. À N'Djaména, l'absence de cadastre commercial fiable, la multiplicité des sites informels et la faiblesse des outils de collecte réduisent l'assiette fiscale effective. Au final, la fiscalité locale reste étroite, renforçant la dépendance de la commune aux dotations de l'État et limitant sa capacité d'investissement.

À l'échelle africaine, plusieurs capitales ont pourtant montré que la réorganisation des marchés peut transformer ce handicap en levier budgétaire. La modernisation des marchés à Dakar, Abidjan ou Kigali, avec des espaces identifiés, des concessions formalisées et une gestion déléguée, a permis d'élargir l'assiette fiscale tout en améliorant les conditions de travail des commerçants. Ces expériences soulignent qu'il ne s'agit pas de " combattre " l'informel, mais de l'accompagner vers une formalisation progressive, compatible avec le tissu socio-économique urbain.

Pour le gouvernement tchadien, le défi est désormais opérationnel. La coordination annoncée entre l'État et la mairie devra se traduire par des aménagements de sites commerciaux, la clarification des compétences, une fiscalité incitative et des outils de gestion partagés. Une condition sine qu'à none à la structuration des marchés de N'Djaména, au risque de rester simplement déclaratif.

Idrissa Diakité

La Rédaction

Publié le 13/01/26 11:13

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