Le gouvernement nigérian a annoncé la réouverture officielle des corridors terrestres de Tsamiya, à la frontière béninoise, et de Kamba, vers le Niger, rétablissant des axes commerciaux stratégiques pour les échanges sous-régionaux. Les autorités précisent que ces points de passage fonctionnent désormais sous un dispositif de contrôle renforcé, avec une surveillance accrue et un encadrement douanier plus strict afin de sécuriser les flux de marchandises et de lutter contre les trafics illicites.
Pour rappel, ces corridors avaient été affectés par les décisions de fermeture des frontières terrestres prises par Abuja depuis aout 2019 dans le cadre d'une vaste opération de lutte contre la contrebande, notamment celle du riz et des produits alimentaires. À l'époque, le Nigeria avait unilatéralement fermé plusieurs de ses frontières terrestres avec ses voisins, estimant que les mécanismes de contrôle existants ne permettaient pas de protéger efficacement son marché intérieur. Bien que certaines restrictions aient été progressivement levées à partir de la fin de l'année 2020, plusieurs postes et corridors ont continué à fonctionner de manière limitée ou irrégulière, ce qui a pesé sur les échanges formels.
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Le corridor de Tsamiya, situé dans l'État de Kebbi et relié à Segbana au Bénin, est historiquement un point névralgique pour l'exportation de produits agricoles nigérians tels que les céréales, les oignons ou les légumineuses. De son côté, Kamba constitue un axe important pour les flux commerciaux avec le Niger. Leur remise en service complète vise à réorienter les échanges vers des circuits officiels, mieux encadrés et plus transparents.
Les services des douanes nigérianes indiquent que cette nouvelle phase s'appuie sur des outils de suivi modernisés, un contrôle plus rigoureux des opérateurs agréés et une coopération renforcée avec les administrations frontalières du Niger et du Bénin. L'objectif affiché est de concilier ouverture commerciale et exigence sécuritaire, en évitant les dérives qui avaient justifié les fermetures antérieures.
Au-delà de la dimension réglementaire, la réactivation de ces corridors répond à une nécessité économique. Dans les régions frontalières, de nombreuses activités dépendent directement du commerce transfrontalier. La reprise officielle des passages devrait soutenir les opérateurs locaux, fluidifier l'approvisionnement des marchés et accroître les recettes douanières.
Fanuelle YAO
Publié le 10/02/26 10:42
La Rédaction