Les échanges commerciaux entre les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) confirment une dynamique positive au troisième trimestre 2025. Leur valeur est estimée à 1 276,3 milliards FCFA, en progression de 9% sur un an, selon les chiffres officiels.
Malgré cette accélération, leur poids dans le commerce total de la zone demeure inchangé à 16%, un niveau identique à celui observé à la même période en 2024, signe d'une intégration commerciale qui progresse encore lentement.
L'offre intra-communautaire reste dominée par deux économies. La Côte d'Ivoire conserve sa position de premier fournisseur avec 35,8% des échanges régionaux, suivie du Sénégal avec 19,5%. À eux deux, ces pays concentrent 55,3% des exportations intra-UEMOA, confirmant leur rôle central dans l'animation des flux commerciaux de la zone.
Du côté de la demande, la structure est tout aussi polarisée. Le Burkina Faso capte 26% des échanges régionaux, devant le Mali avec 18,8%. Ces deux pays absorbent ainsi 44,8% des flux intra-communautaires, illustrant leur forte dépendance aux approvisionnements régionaux pour soutenir la consommation et l'activité productive.
La composition des échanges met en lumière le caractère encore largement primaire et énergétique du commerce régional. Les produits pétroliers représentent à eux seuls 37,9% des ventes intra-UEMOA, loin devant les matériaux de construction qui comptent pour 8,8%. Les produits du cru, notamment les céréales et les animaux vivants, pèsent 6,9%, tandis que les engrais et produits chimiques atteignent 6,4%. Les huiles alimentaires et les préparations alimentaires complètent le tableau avec respectivement 4,4% et 4,1%.
Cette structure traduit à la fois le rôle croissant de l'énergie dans les échanges régionaux et les limites persistantes de la diversification industrielle. La progression de 9% des échanges confirme un potentiel réel du marché communautaire, mais la stabilité de leur part dans le commerce total montre que l'intégration reste freinée par la concentration géographique des flux et par la faible montée en gamme des produits échangés.
Pour l'UEMOA, l'enjeu dépasse donc la seule croissance des volumes. Il s'agit désormais d'élargir la base des pays fournisseurs, de renforcer les chaînes de valeur régionales et d'accroître la part des produits transformés afin de faire du commerce intra-communautaire un véritable moteur de croissance et de résilience économique.
La Rédaction
Publié le 16/01/26 14:04