CEMAC : La BEAC maintient ses taux inchangés malgré des tensions inflationnistes encore élevées

ISIN : BRVMC0000000 - Ticker : BRVMC



Le centrafricain Yvon Sana Bangui a présidé ce 25 mars à Yaoundé, sa première réunion du comité de politique monétaire (CPM), en tant que gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). Au terme de la rencontre, le CPM a décidé de maintenir inchangés, pour la 4e fois d'affilée, ses taux directeurs. Ainsi, le TIAO, son principal taux de refinancement reste à 5% de même taux de facilité de prêt marginal qui est maintenu à 6,75%.

Le CPM indique que ce maintien se justifie par "des réalisations macroéconomiques plutôt favorables" et "une position extérieure confortable". Il reconnaît tout de même que le taux d'inflation reste "élevé" à 5,5%, au-dessus du seuil règlementaire de 3%. Cette décision reflète surtout une prise de conscience par la Banque du risque croissant pour l'économie d'une augmentation trop élevée des taux et de l'effet mitigé que cela a produit jusqu'ici sur l'économie réelle compte tenu de la surliquidité du système bancaire qui freine la transmission de la politique monétaire.

Pour capter ces liquidités excédentaires et ainsi réduire l'accès au crédit, la BEAC a décidé en décembre dernier d'émettre ses propres titres de créance sur le marché des titres publics. Malgré la courte maturité (14 jours et 28 jours) et un taux de rendement qui oscille entre 2,50% et 3,50%) ces offres de placements sont pour l'instant boudées par les banques. De son côté, la BEAC accuse les filiales de groupes bancaires, sur ordre de leurs maisons mères, d'être les principaux freins à la transmission de sa politique monétaire. 

Concernant les projections du CPM, la croissance du PIB de la CEMAC devrait s'établir à 3,6% en 2024 soutenue par une bonne tenue de l'activité non pétrolière. Les réserves de changes devraient fléchir de 2,7% à 6 699 milliards FCFA correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 74%. Ces réserves représentent surtout 4,3 mois d'importations des biens et services contre 4,8 mois en 2023.

Voir aussi : CEMAC : Anticipant sur un repli de la croissance, la BEAC maintient à nouveau ses taux inchangés

Il faut dire que l'un des principaux défis du nouveau gouverneur de la banque centrale sera d'implémenter une politique monétaire assurant la stabilité des prix et de la monnaie tout en favorisant une forte croissance économique.

Cédrick Jiongo

La Rédaction

Publié le 25/03/24 18:46

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

ACTUALITES RELATIVES
08/01/2026 Pétrole vénézuélien, dette africaine : Le retour brutal du risque sur les marchés
08/01/2026 Le Ghana débloque l’un des derniers verrous de sa restructuration de dette
08/01/2026 Tempête de gouvernance chez Castel : La famille fondatrice échoue à faire tomber le directeur général
08/01/2026 L’Afrique concentre 20% de la population mondiale pour 3% de la richesse créée
08/01/2026 Ghana : Des investisseurs identifiés pour booster la filière aluminium
08/01/2026 Tony Elumelu Foundation ouvre les candidatures de son programme 2026 pour les entrepreneurs africains
08/01/2026 Burkina Faso : Un budget record de 109 millions USD pour booster le numérique en 2026
08/01/2026 Niger : Le service de la dette absorbe 105% des recettes fiscales à fin septembre 2025