" A New Road " engage la réflexion sur la dette publique en Afrique

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cesario2020 cesario2020
10/05/2021 15:27:52
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Ce panel d'expert est enrichissant.
  
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cesario2020 cesario2020
10/05/2021 15:27:52
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C'est à bras-le-corps que le nouveau think tank dénommé " A New Road " a décidé de se saisir des questions de dettes publiques et de financement des économies africaines. Ce groupe de réflexion, composé de décideurs et personnalités politiques au fait de l'économie et la finance africaine a procédé le 6 mai dernier, au lancement officiel de ses activités au Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan.

Placée sous le parrainage du Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, la cérémonie de lancement s'est faite en présence d'illustres invités également membres fondateurs du think tank. Il s'agit entre autres de Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence, Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, Stanilas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation.

Voir aussi - ‘'A New Road'', un nouveau think tank dédié à la dette africaine

L'actualité de la dette africaine redevenue brulante, le think tank a entamé ses réflexions dès son premier rendez-vous. A cet effet, deux tables rondes se sont tenues autour des thèmes " coût de la dette en Afrique : à quels obstacles faisons-nous face ? Comment y remédier ? " et " la dette : outil au service de l'émergence de champions nationaux et panafricains dans des secteurs stratégiques ". Cette séance de brainstorming a été féconde, il s'en est dégagé des propositions de solutions couplées à des partages d'expériences.

Contracter de bonnes dettes et auprès des acteurs locaux

Participante au premier panel axé sur le ''Coût de la dette en Afrique(…)'', Anne-Laure Kiechel, fondatrice de Global Sovereign Advisory, a expliqué que la qualité d'une dette dépend de l'usage que l'on en fait. " Une bonne dette est celle qui est utilisée pour des projets de dépenses prioritaires dans un plan cohérent. Ainsi, cette dette devient bénéfique pour les générations à venir. Or une mauvaise dette résulte simplement de l'accumulation de la mauvaise dépense et est un poids pour l'avenir " a-t-elle soutenu.

Le problème ne serait pas donc de s'endetter mais l'usage qui en est fait. Une dette étant toujours rattachée à une échéance, le ministre Sandra Ablamba Johnson a fait un plaidoyer : " Il est nécessaire de revisiter les dispositions existantes pour permettre à nos Etats de bénéficier de prêts à des taux de maturité relativement longs. Vous conviendrez avec moi que, si vous vous endettez sur une durée de cinq ans, vous aurez du mal à faire des infrastructures solides comme on le voit dans les pays asiatiques et d'autres. L'Afrique ne pourra que difficilement accéder à ce type d'infrastructures si elle doit se contenter de maturité aussi courte ".

S'attardant sur les marchés de levée de fonds, l'un des intervenants a insisté sur l'importance pour les Etats africains de prioriser des levées sur des marchés financiers locaux et dans la même devise que celles qu'elles utilisent. Ce qui leur évitera d'être confrontés au challenge de rembourser dans des monnaies autres que les leurs et qui a tendance à accroître le poids financier des dettes.


D'ailleurs, Edoh Kossi, directeur général de la BRVM, pense que l'une des solutions au problème de la perception du risque et du coût élevé de la dette est que celle-ci soit détenue majoritairement par des acteurs locaux. " Le changement de paradigme passe aussi par cela : s'appuyer davantage sur la dette locale pour avoir la maîtrise de notre dette globale " veut-il croire.


S'endetter oui, mais seulement quand c'est nécessaire. Pour Stanislas Zézé, la dette ne doit être qu'un surplus pour les pays africains et, non, constituer l'essence de leurs ressources. Pour ce faire, il s'impose un fort partenariat public-privé pour optimiser la création de richesse à travers le secteur privé. Ce qui se répercutera sur l'assiette fiscale pour accroitre les ressources propres des Etats africains.

Appuyer les PME pour la création d'emplois et l'éclosion des talents

Le second panel a encouragé la mise à contribution de la dette pour booster les PME africaines dans des secteurs stratégiques. " Les pouvoirs publics doivent voir comme une urgence la nécessité de réorienter leur politique de financement. Il faut investir dans la jeunesse et créer les champions de demain " a plaidé Papa Amadou Sarr, Délégué général à l'Entrepreneuriat au Sénégal. A ce niveau, la crise de la covid-19 qui a conduit à la fermeture des frontières dans plusieurs pays a montré l'importance des PME locales dans la production des solutions de lutte contre la pandémie à savoir gels hydroalcooliques, cache-nez(…).
Ainsi, viser des projets créateurs de valeurs pour les populations s'impose. Pour l'experte Ghislane Guerida, " il s'agit de mener une réflexion holistique par chaîne de valeurs, et non pas par projet, afin d'accompagner des investissements qui se rentabilisent les uns les autres ". Car l'enjeu, dit-elle, est de financer des projets à forts retours sur investissements, mais pas seulement monétaires.

Qui dit appui à l'entrepreneuriat, dit création d'emplois. Il s'agirait alors à travers des soutiens aux champions nationaux de faciliter l'insertion professionnelle sur le continent dont la population est de plus en plus en jeune.

Soulignons que le think tank new road prévoit comme chantier prioritaire, des rencontres avec les différents bailleurs de fonds du continent africain, autour de la problématique du coût et de la maturité de la dette.

Junior Konan


  
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