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Bwaki KWASSI, DG des opérations et de l'inclusion Financière de la BCEAO : ''L’inclusion financière renforce la stabilité du système financier et contribue à un meilleur financement de l’économie''

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Bwaki KWASSI - Directeur général des opérations et de l'inclusion Financière de la BCEAO :

L'inclusion financière renforce la stabilité du système financier et contribue à un meilleur financement de l'économie "

 

 

Promue en raison de son rôle jugé déterminant dans la lutte contre la pauvreté mais également dans la consolidation du système financier, l'inclusion financière est érigée au rang de priorité au sein de l'UEMOA. Dans la région, la BCEAO est le maître d'ouvrage de la politique d'inclusion financière des 8 pays, avec des ambitions fortes : parvenir à ouvrir les portes des services financiers à 75% de la population sur un horizon de 5 ans, avec une attention particulière aux populations les plus modestes.

Directeur des opérations et de l'inclusion financière à la BCEAO, Bwaki KWASSI partage la vision globale de l'institution monétaire ainsi que les premières réalisations en matière d'inclusion financière.

 

Comment peut-on définir l'inclusion financière et pourquoi est-elle d'un enjeu si important pour les économies en développement ?

Je voudrais tout d'abord préciser que l'inclusion financière est un concept défini différemment selon les institutions. Cependant, une certaine unanimité existe au niveau international quant aux éléments à prendre en compte pour sa définition. Définir l'inclusion financière intègre généralement les notions que sont l'accès, l'utilisation et la qualité de produits et services financiers fournis. La plupart du temps, ces services financiers sont fournis, par des prestataires formels à des groupes cibles spécifiques ou à tous les segments de la population. Pour mieux fédérer leurs efforts, les parties prenantes doivent partager une vision claire autour des objectifs de l'inclusion financière.

Au niveau de la BCEAO, c'est cette démarche qui a été suivie pour élaborer la stratégie régionale d'inclusion financière dans l'UEMOA, adoptée en juin 2016. L'inclusion financière y est définie comme “ l'accès permanent des populations de l'UEMOA à une gamme diversifiée de produits et services adaptés, à coûts abordables et utilisés de manière effective, efficace et efficiente.”

Ainsi, du fait de ses atouts multidimensionnels, l'inclusion financière constitue une solution incontournable pour mieux insérer les couches défavorisées dans le tissu économique et social, et pour les sortir de la pauvreté.

(…) l'inclusion financière constitue une solution incontournable pour mieux insérer les couches défavorisées dans le tissu économique et social et pour les sortir de la pauvreté.

L'inclusion financière permet aussi aux ménages, aux PME, ainsi qu'à tous les acteurs exclus du système financier classique, de participer plus efficacement à la création des richesses. Au-delà de la lutte contre la pauvreté, l'inclusion financière favorise la réduction des activités financières informelles, le drainage des ressources financières thésaurisées vers le secteur financier formel, avec pour conséquence la mobilisation d'une épargne plus importante. Cela renforce la stabilité du système financier et contribue à un meilleur financement de l'économie.

 L'inclusion financière renforce la stabilité du système financier et contribue à un meilleur financement de l'économie. 

Il faut aussi noter que ces problématiques constituent des enjeux importants pour les pays en développement dans lesquels les populations vivant dans la pauvreté sont encore nombreuses, où les taux d'épargne sont relativement faibles et les besoins de financement des économies très élevés. Autant d'aspects qui intéressent une Banque centrale de pays en développement comme la BCEAO.

 

Quel est l'état des lieux dans la zone UEMOA ?

Dans l'UEMOA, pour suivre la situation de l'inclusion financière, la BCEAO a élaboré des indicateurs qui permettent de mesurer les dimensions “accès” et “utilisation” des services financiers.

S'agissant de l'accès aux services, le taux global de pénétration démographique, qui mesure la proximité des services financiers vis-à-vis des populations est passé de 2 à 136 points de services pour 10.000 habitants entre 2010 et 2020. Le taux global de pénétration géographique, qui évalue le nombre de points de services disponibles sur une superficie de 1.000 km2, ressort à 282 points de services en 2020 contre 3 points de services en 2010.

Ces performances s'expliquent principalement par l'évolution du maillage du territoire, avec une forte implantation des établissements de monnaie électronique qui utilisent un réseau de distribution de proximité pour offrir leurs services. Il s'agit notamment des boutiques de quartier et des kiosques, qui ne nécessitent pas d'importants investissements, comparé aux agences bancaires.

 Concernant l'utilisation des services financiers, le taux d'inclusion financière dans l'UEMOA est estimé à 62,5% en 2020, contre 22,2% en 2010 …

Concernant l'utilisation des services financiers, le taux d'inclusion financière dans l'UEMOA est estimé à 62,5% en 2020, contre 22,2% en 2010, soit une hausse de 40,3 points sur une décennie. Les secteurs de la microfinance et de la monnaie électronique sont les principaux vecteurs de l'inclusion financière dans l'Union. Le taux d'utilisation des services de microfinance se situe à 22,3% et celui des services de monnaie électronique ressort à 41,6% en 2020.

Le nombre total de transactions réalisées via la téléphonie mobile est passé de 259 millions en 2014 à 2.632 millions en 2019, pour des valeurs totales respectives de 3.760 milliards de FCFA et 28.738 milliards de FCFA.

Les secteurs de la microfinance et de la monnaie électronique sont les principaux vecteurs de l'inclusion financière dans l'UEMOA.

Ces évolutions ont été rendues possibles grâce au cadre réglementaire favorable que la Banque Centrale a mis en place, et qui permet à une diversité d'acteurs, notamment les établissements de monnaie électronique, généralement filiale de sociétés de téléphonie mobile, d'offrir des services financiers de proximité adaptés aux besoins des populations, à la faveur de l'exploitation des innovations technologiques.

L'état des lieux montre donc que d'importants progrès ont été réalisés durant la dernière décennie, même si des efforts restent encore à faire pour lever les barrières résiduelles à la massification de l'inclusion financière dans notre Union. La BCEAO y travaille.

Le taux d'utilisation des services de microfinance se situe à 22,3% et celui des services de monnaie électronique ressort à 41,6% en 2020. 

 

La BCEAO a mis en place une stratégie en vue de promouvoir l'inclusion dans la zone. Quels en sont les objectifs et les grands axes ?

L'objectif global de la stratégie régionale d'inclusion financière dans l'UEMOA est d'assurer, sur un horizon de 5 ans, l'accès et l'utilisation d'une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés et à coûts abordables à 75% de la population adulte de l'UEMOA. Pour cette raison, une attention particulière est accordée aux personnes vivant dans les milieux ruraux, aux femmes, aux jeunes ainsi qu'aux PME.

L'objectif global de la stratégie régionale d'inclusion financière dans l'UEMOA est d'assurer, sur un horizon de 5 ans, l'accès et l'utilisation d'une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés et à coûts abordables à 75% de la population adulte de l'UEMOA.

Merci de retrouver le reste de l'interview dans la dernière édition de notre magazine " Marché Financier : Bilan et Perspectives " qui vient de paraître. Cliquer sur l'image en dessous pour le téléchargement (gratuit).

Jean Mermoz Konandi

Publié le 03/09/21 17:56

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