Côte d’Ivoire : Face à la crise de blocage de camions de cacao, le régulateur dénonce une fraude

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Face aux informations faisant état de dizaines de camions chargés de fèves cacao, immobilisés aux abords des ports ivoiriens d'Abidjan et de San Pedro, le Conseil du café-cacao (CCC), le régulateur de la filière, à travers son directeur général Yves Brahima Koné, à fait une sortie médiatique ce 14 janvier, pour opposer une lecture radicalement différente de celle des syndicats agricoles et de certains transporteurs. Il a à cet effet tenu a indiqué qu'il ne s'agirait pas d'un blocage administratif, mais d'une situation d'illégalité caractérisée.

Mieux, il a qualifié sans ambages ces cargaisons de cacao bloquées de ‘'frauduleuses'', pour cause d'absence de connaissement, document central du dispositif de commercialisation mis en place par l'Etat ivoirien permettant d'exporter. ‘'Aucune cargaison de cacao ne quitte la zone de production sans connaissement'', a martelé le patron du régulateur, rappelant une règle instaurée depuis 2018, afin de sécuriser les flux, prévenir les détournements et garantir la traçabilité des exportations.

Selon lui, toute cargaison dépourvue de ce document ne peut, ni légalement, ni techniquement, être intégrée dans le circuit officiel. ‘'Ces camions, s'ils existent, ne pourront jamais être déchargés dans les usines du système de commercialisation du Conseil du Café-Cacao'', a-t-il prévenu, annonçant l'envoi de missions de contrôle pour identifier l'origine exacte de ces volumes et les responsabilités engagées. ''Je vous invite à aller dans les ports d'Abidjan et de San Pedro. Le cacao se décharge normalement. Hier encore (mardi, Ndr), environ 300 camions ont été déchargés'', a-t-il révélé.

Yves Brahima Koné a dans le même temps, rassuré les producteurs : ‘'Toute la production de la Côte d'Ivoire qui sort des plantations sera achetée''. Il a ensuite souligné que 80% de la récolte nationale avait déjà été vendue par anticipation avant même l'ouverture officielle de la campagne 2025-2026, lancée depuis le 1er octobre dernier, avec un prix record de 2 800 FCFA (environ 5 dollars) le kilogramme bord champ.

Des ports saturés, symbole d'une crise profonde

Il convient de rappeler que depuis plusieurs semaines, des dizaines de camions sont stationnés en file indienne près du port autonome d'Abidjan. Venus d'Adzopé, d'Abengourou, de Danané ou encore du centre-ouest, ces véhicules transportent des milliers de sacs de fèves destinés à l'exportation, mais restent immobilisés dans l'attente d'un feu vert administratif.

Pour les transporteurs, l'addition est lourde. Gardiennage quotidien, immobilisation du matériel, perte de rotations. D'après des sources consultées, certains estiment leurs pertes à près d'un million FCFA en quelques semaines. À cela s'ajoute le risque de dégradation des fèves, exposées à l'humidité et à la fermentation, compromettant leur qualité marchande. En amont, les producteurs dénoncent des retards de paiement, les usiniers n'ayant pas évacué leurs stocks. Les syndicats agricoles ont pointé du doigt depuis quelques jours, la non-délivrance des connaissements par le CCC, qu'ils considèrent comme le nœud du problème. Toute chose qui justifié cette sortie du régulateur qui a réfuté catégoriquement, renvoyant la responsabilité à des opérateurs qui tenteraient d'écouler des volumes hors du cadre réglementaire.

Narcisse Angan

Publié le 15/01/26 12:07

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