Au terme des trois premiers trimestres de l'année écoulée, l'inflation au Gabon s'est établie à +0,5 % en glissement trimestriel, contre +0,6 % au trimestre précédent, selon les données fournies par la Note de conjoncture sectorielle du ministère de l'Économie. En moyenne annuelle, la hausse des prix atteint +1,8 % à fin septembre 2025, contre +1,4 % un an plus tôt. Un niveau globalement maîtrisé, inférieur aux seuils communautaires de la CEMAC, mais qui masque cependant des tensions persistantes sur plusieurs postes clés de consommation.
Il faut dire que le ralentissement observé provient essentiellement de l'atténuation de l'inflation sur les produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+0,9 % contre +1 %), les transports (+0,8 % contre +1,3 %) et les communications (–0,03 %). Cette évolution reste par ailleurs largement tributaire des mesures administratives de lutte contre la vie chère, notamment le maintien de la mercuriale sur les produits de première nécessité et la subvention des carburants, qui continue de contenir artificiellement les prix liés au transport.
À l'inverse, plusieurs postes enregistrent des pressions inflationnistes latentes. Les dépenses liées au logement, eau, gaz et électricité progressent de +0,5 %, tandis que les biens et services divers (+0,6 %) et les restaurants et hôtels (+0,3 %) repartent à la hausse. Signe plus structurel, l'inflation énergétique accélère à +1,2 %, tout comme celle des produits frais (+1,3 %), reflétant à la fois les contraintes d'offre locale et la dépendance persistante aux importations.
Du reste, les prix des produits importés progressent de +0,8 %, contre +0,6 % pour les produits locaux, traduisant une transmission partielle des coûts extérieurs (transport, logistique, intrants) dans un contexte de hausse des valeurs des importations (+25 % au troisième trimestre). Cette inflation importée reste plus difficile à maîtriser pour les autorités, car elle dépend de facteurs exogènes sur lesquels la politique économique nationale a peu de prise.
Dans ce contexte, on a donc d'un côté, une inflation globale qui demeure contenue et contribue à préserver temporairement le pouvoir d'achat et de l'autre, une stabilité partielle qui repose sur des mécanismes de soutien budgétaire et des régulations administratives qui peuvent difficilement être prolongés indéfiniment. Si le risque inflationniste n'est pas immédiat, il reste structurellement présent, notamment via l'énergie, les importations et les services, et pourrait se matérialiser plus nettement en cas d'ajustement des politiques de subvention ou de choc externe.
Idrissa Diakité
La Rédaction
Publié le 15/01/26 13:02


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