Au Ghana, la réforme du régime de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) s'impose comme l'un des premiers signaux tangibles de la nouvelle orientation économique du gouvernement. Selon l'Autorité fiscale du Ghana (GRA), la baisse du taux effectif de TVA à 20% a déjà permis de restituer environ 6,5 milliards de cedis ghanéens (GH¢), soit 340 milliards FCFA (606,33 millions de dollars), aux ménages, à travers une diminution moyenne des prix de 1,9% sur les biens et services.
Ces chiffres, dévoilés à l'issue d'un exercice de contrôle de la conformité à la TVA mené dans les centres commerciaux de l'enclave de Spintex, à Accra, illustrent la volonté des autorités de traduire les ajustements fiscaux en gains concrets de pouvoir d'achat pour les consommateurs, dans un contexte encore marqué par les séquelles inflationnistes des dernières années.
Pour la GRA, les premiers résultats confirment que les réformes fonctionnent comme prévu. La baisse du taux effectif de TVA s'accompagne de mesures structurelles plus larges, notamment la suppression de la taxe COVID-19, le découplage de la TVA, ainsi que le relèvement des seuils applicables aux petites entreprises. Autant de changements destinés à alléger la pression fiscale sur l'économie réelle tout en simplifiant le système.
Les contrôles effectués dans plusieurs grandes enseignes, notamment Palace Mall, Melcom, Orca Décor, United Commercial Trading et Palace Home Décor, ont montré que les opérateurs économiques avaient recalibré leurs systèmes de facturation pour intégrer les nouveaux taux de TVA. Un signal rassurant pour l'administration fiscale, qui mise sur la conformité volontaire pour assurer l'efficacité de la réforme. Du côté des consommateurs, le message est tout aussi clair. Les échanges menés sur place par les équipes de la GRA font état d'un niveau de satisfaction croissant, les baisses de prix étant déjà perceptibles aux caisses.
La conformité fiscale, clé de la relance économique
Au-delà de l'impact immédiat sur le pouvoir d'achat, la GRA rappelle que la réussite de la réforme repose sur un respect rigoureux et continu des obligations fiscales, tant du côté des entreprises que des consommateurs. Le commissaire général a exhorté les opérateurs à facturer correctement la TVA et à l'intégrer dans leurs systèmes, tout en appelant les clients à exiger systématiquement des factures avec TVA.
Cet effort collectif est présenté comme un pilier central de la stratégie économique du gouvernement. Selon Anthony Sarpong, la capacité du Ghana à financer sa transformation dépend avant tout de la mobilisation des recettes intérieures. " En agissant de manière responsable, entreprises et consommateurs peuvent, ensemble, générer les ressources nécessaires au développement national ", a-t-il déclaré.
2026 en ligne de mire
La réforme de la TVA s'inscrit dans la vision économique du président John Dramani Mahama, qui ambitionne de faire de 2026 une année de croissance, de création d'emplois et de transformation structurelle. Dans cette perspective, l'allègement fiscal n'est pas une fin en soi, mais un levier destiné à stimuler la consommation, renforcer la confiance et élargir durablement l'assiette fiscale. Si les tendances observées se confirment dans les mois à venir, la réforme de la TVA pourrait devenir l'un des marqueurs forts de la relance ghanéenne : une politique fiscale plus équilibrée, capable à la fois de soutenir le pouvoir d'achat et de sécuriser les recettes nécessaires au développement.
Narcisse Angan
Publié le 07/01/26 16:34


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