Le Nigeria, premier producteur de pétrole brut d'Afrique, prévoit de lever jusqu'à 500 milliards de nairas, soit 352 millions de dollars (environ 199 milliards FCFA), à travers une nouvelle émission d'obligations vertes destinée à financer des projets environnementaux et climatiques. Une opération qui confirme à la fois l'appétit croissant des investisseurs pour les actifs verts et la volonté d'Abuja de diversifier ses sources de financement dans un contexte budgétaire contraint.
L'annonce a été faite par le ministre nigérian en charge de l'Environnement, Balarabe Abbas Lawal, en marge de la Semaine de la durabilité d'Abu Dhabi, un rendez-vous désormais incontournable pour les acteurs de la finance climatique, rapporte Reuters. Les fonds levés serviront notamment à améliorer la qualité de l'air, élargir l'accès aux combustibles de cuisson propres et lutter contre la déforestation, trois enjeux majeurs dans un pays confronté à une urbanisation rapide, à la pression démographique et aux effets du changement climatique.
Au-delà de la dimension environnementale, cette opération revêt une portée financière stratégique. Elle intervient alors que le Nigeria mène des réformes fiscales sensibles et cherche à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, longtemps pilier de ses recettes en devises mais désormais soumis à une forte volatilité. Pour Abuja, les obligations vertes apparaissent comme une alternative crédible à la dette souveraine classique, dans un contexte de coûts de financement élevés et de marges budgétaires étroites. En ciblant des investisseurs sensibles aux critères Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), le Nigeria élargit sa base d'investisseurs et améliore potentiellement les conditions de financement de ses projets.
Il faut souligner que les précédentes émissions d'obligations vertes souveraines ont rencontré un succès notable. En 2025, une émission de 50 milliards de nairas avait suscité une demande plus de deux fois supérieure au montant proposé. Quant à la toute première obligation verte du pays, elle avait été intégralement souscrite, renforçant la crédibilité du Nigeria sur ce segment encore relativement étroit en Afrique. Ces performances traduisent la confiance des investisseurs dans la capacité du pays à structurer des projets éligibles, traçables et conformes aux standards internationaux de la finance verte.
Narcisse Angan
Publié le 19/01/26 10:16


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