UEMOA : Le chômage urbain recule à 11,3% au 3e trimestre 2025

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Les derniers chiffres du marché du travail publiés par la BCEAO dessinent une amélioration progressive de l'emploi dans l'UEMOA. Derrière cette embellie globale, portée par une légère hausse de l'occupation et un recul du chômage, subsistent toutefois de profondes disparités selon le genre et les tranches d'âge.

Une lecture attentive des indicateurs permet de mieux comprendre les dynamiques à l'œuvre et les défis qui restent posés.

Un taux d'occupation en légère progression

Premier indicateur clé, le taux d'occupation mesure la part de la population en âge de travailler qui exerce effectivement un emploi. Au 3e trimestre 2025, il s'établit à 53,3%, contre 53,1% au trimestre précédent. Cette hausse modeste de 0,2 point de pourcentage traduit une amélioration graduelle de la capacité des économies de l'Union à absorber la main-d'œuvre disponible.

Concrètement, cela signifie qu'un peu plus d'une personne sur deux en âge de travailler occupe un emploi dans les principales agglomérations de la région. Si le niveau reste encore limité au regard des besoins démographiques, la tendance va dans le sens d'une reprise de l'activité, soutenue par la normalisation progressive des économies après les chocs récents.

Le chômage recule mais reste élevé en zone urbaine

Le taux de chômage déclaré ressort à 11,3% sur la période sous revue, en baisse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la décrue est plus nette, avec un recul de 2,3 points de pourcentage. Cette évolution suggère que la reprise économique commence à se traduire par des créations nettes d'emplois, ou à tout le moins par une meilleure insertion d'une partie des actifs sur le marché du travail.

Il convient toutefois de rappeler que ces données portent sur les principales agglomérations de l'Union. En milieu urbain, le chômage reste structurellement plus visible, car la recherche d'emploi y est plus formalisée et les déclarations plus systématiques que dans les zones rurales, où l'auto emploi et l'informalité dominent.

Un marché du travail toujours défavorable aux femmes

L'analyse par genre met en évidence une fracture persistante. Le taux de chômage des femmes atteint 15,6% au 3e trimestre 2025, en hausse de 0,8 point par rapport au trimestre précédent. À l'inverse, celui des hommes recule de 0,4 point pour s'établir à 6,9%.

Cet écart illustre les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes sur le marché du travail urbain. Accès plus limité à certains secteurs, poids des contraintes sociales et familiales, ou encore concentration dans des activités précaires expliquent en partie cette situation. La progression du chômage féminin, malgré l'amélioration globale, souligne le caractère inégal de la reprise.

Des évolutions contrastées selon l'âge

La lecture par tranche d'âge révèle également des dynamiques différenciées. Le chômage recule fortement chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec une baisse de 3 points de pourcentage. Une amélioration est aussi observée chez les adultes de 35 à 64 ans, pour lesquels le taux de chômage diminue de 0,9 point.

En revanche, la situation se dégrade pour les 25 à 34 ans, une tranche d'âge charnière correspondant souvent à l'entrée durable sur le marché du travail. Pour ces actifs, le chômage progresse de 0,6 point. Ce phénomène peut traduire un décalage entre les qualifications disponibles et les besoins des entreprises, ou encore une concurrence accrue sur les emplois formels dans les centres urbains.

Dr Ange Ponou

Publié le 07/01/26 20:23

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