Le Trésor public malien entame l'année 2026 sur une note résolument positive sur le marché régional des titres publics. Pour sa première intervention de l'année réalisée ce 7 janvier, Bamako a non seulement atteint, mais dépassé son objectif initial de 40 milliards FCFA, mobilisant 44 milliards FCFA, à l'issue d'une émission simultanée de Bons et d'Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) sur le marché de l'UMOA-Titres.
Cette performance s'inscrit dans la continuité de la dynamique observée depuis les quatre derniers mois de 2025 et confirme le regain de confiance des investisseurs pour la signature souveraine malienne, dans un environnement régional marqué par une liquidité encore abondante mais de plus en plus sélective.
L'opération a suscité un engouement marqué, avec 78,83 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 197,09 %. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de deux fois le montant recherché par le Trésor malien. Ce niveau de demande traduit à la fois la vitalité du marché financier régional et la capacité du Mali à capter l'épargne disponible au sein de l'UEMOA.
Face à cette sursouscription, le Trésor a néanmoins opté pour une gestion prudente de sa dette, en retenant 44 milliards FCFA, ce qui correspond à un taux d'absorption de 55,81%. Une sélectivité assumée, visant à optimiser le coût de financement tout en maîtrisant le profil d'endettement.
Dans le détail, l'émission portait sur quatre instruments : deux BAT de maturités 182 jours et 364 jours, et deux OAT de 3 ans et 5 ans. Les résultats montrent une préférence marquée pour les maturités courtes et intermédiaires. Les BAT à 182 jours ont permis de lever 2,73 milliards FCFA, avec un rendement moyen pondéré (RMP) de 6,08%, tandis que les BAT à 364 jours ont mobilisé 18,83 milliards FCFA, pour un RMP de 7,24%. Du côté des obligations, seule l'OAT à 3 ans a été retenue, pour un montant de 22,43 milliards FCFA, assorti d'un RMP de 8,42%. L'OAT à 5 ans, bien que proposée, n'a pas été servie, illustrant une stratégie d'arbitrage favorable à un coût de financement maîtrisé.
Les soumissions retenues proviennent de 7 États sur les 8 membres de l'UEMOA. Les investisseurs maliens arrivent en tête avec 15,45 milliards FCFA, suivis de la Côte d'Ivoire (8,65 milliards FCFA), du Togo (7,9 milliards FCFA), du Sénégal (5,5 milliards FCFA) et du Burkina Faso (5,4 milliards FCFA). La Guinée-Bissau et le Bénin complètent le tableau avec respectivement 1 milliard FCFA et 0,27 milliard FCFA.
Cette répartition souligne la solidarité financière régionale et la profondeur croissante du marché UMOA-Titres, qui continue de jouer un rôle central dans le financement des États membres. En dépassant son objectif dès sa première sortie de l'année, le Mali envoie un signal positif quant à sa stratégie de mobilisation de ressources sur le marché régional.
Narcisse Angan
Publié le 07/01/26 17:36


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