Après plusieurs années de projections fluctuantes, la Société nationale de raffinage du Cameroun (SONARA) a officiellement fixé le coût de la remise en état de son appareil productif. D'après un communiqué publié par l'entreprise publique, le conseil d'administration a adopté un budget de 291,9 milliards FCFA pour le Plan d'accélération des mesures de réhabilitation et de reconstruction en vue de la reprise du raffinage sous 24 mois, connu sous l'acronyme PARRAS 24.
Ce montant marque un léger ajustement à la baisse par rapport à l'enveloppe de 300 milliards FCFA évoquée un mois plus tôt par le Premier ministre Joseph Dion Ngute devant l'Assemblée nationale, lors de la présentation du programme économique, financier, social et culturel de l'État pour l'exercice 2026. Il s'agit néanmoins du chiffrage le plus abouti à ce stade, validé par les administrateurs de la raffinerie après examen des hypothèses techniques et financières issues des études de faisabilité, notamment celles réalisées par le groupe français Axens.
La décision intervient dans un contexte où les estimations ont fortement évolué depuis l'incendie du 31 mai 2019, qui avait mis à l'arrêt la seule raffinerie du pays. Entre 2020 et 2021, les premières évaluations oscillaient entre 111 et 250 milliards FCFA, avant d'être révisées à la hausse au fil des audits techniques et de la redéfinition du périmètre industriel à reconstruire. Selon une expertise antérieure du cabinet Ekium, près de 75% des installations seraient récupérables, tandis qu'une partie significative devait être entièrement reconstruite.
Sur le plan financier, le gouvernement camerounais a déjà mobilisé des ressources substantielles pour soutenir la Sonara. Au 31 octobre 2025, environ 479 milliards FCFA avaient été cumulés sur un compte séquestre logé à la Banque des États de l'Afrique centrale, grâce à un prélèvement de 47,88 FCFA appliqué à chaque litre de carburant mis à la consommation sur le marché national. Ce mécanisme, mis en place depuis 2020, vise à la fois l'assainissement de la dette historique de la raffinerie et le financement partiel de sa reconstruction.
Les données communiquées par les autorités montrent une montée en puissance progressive de cette collecte. À fin octobre 2024, le même compte affichait déjà 353 milliards FCFA, contre 270 milliards FCFA un an plus tôt et 194,7 milliards FCFA en 2022.
Malgré ces apports, la situation financière de la Sonara demeure contrainte. L'entreprise porte toujours une dette bancaire rééchelonnée de 261 milliards FCFA, assortie d'un taux d'intérêt de 5,5% sur dix ans depuis 2021. À cela s'ajoutent des engagements significatifs vis-à-vis de traders internationaux, dont Vitol, Trafigura et Mercuria Energy, contractés avant l'arrêt de la raffinerie.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 12/01/26 16:39


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