Le message porté par la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) à travers son président Alain Claude Kouakoua, lors de la cérémonie de vœux au Chef de l'État, en ce début janvier 2026, se lit comme une demande de visibilité économique plutôt qu'un simple plaidoyer. Le patronat salue les réformes engagées, mais appelle à des résultats concrets et surtout à des “signaux” mesurables : apurement de la dette intérieure, règles plus prévisibles, et réduction des coûts de transaction qui étouffent l'investissement. La FEG a ainsi identifié quatre freins : asphyxie financière, concurrence de l'informel, coût logistique et soutenabilité des réformes sociales.
Il faut dire que sur la structure, la FEG pèse lourd : l'organisation indique représenter près de 500 entreprises, correspondant à environ 80% du PIB et 90% de l'emploi formel. Autrement dit, lorsqu'elle parle de trésorerie, de délais de paiement ou de coût logistique, elle décrit le cœur du secteur productif. Toute chose qui explique que sa demande prioritaire soit un “règlement total et définitif” de la dette intérieure, complété par la digitalisation des paiements : l'objectif est de réduire l'incertitude et de reconstituer la confiance dans la signature publique.
Le second point, la concurrence de l'informel, est posé en termes d'équité économique : l'argument est plus fiscal et concurrentiel que moral. Dans une économie où l'assiette est étroite, la charge se concentre sur les entreprises formelles, alimentant à la fois la parafiscalité et la multiplication des contrôles, ce qui renchérit le coût de conformité et dissuade l'investissement. La FEG plaide ainsi pour une normalisation progressive des règles du jeu afin d'élargir l'assiette plutôt que de durcir uniquement la contrainte sur les mêmes acteurs.
L'axe logistique et protection sociale pointe pour sa part l'arbitrage le plus délicat. Réduire la vie chère et renforcer la couverture sociale sans fragiliser la rentabilité des entreprises. Le patronat met au passage sur la table l'emploi et la formation, avec l'idée que sans meilleure adéquation compétences-besoins, la relance restera contrainte. Si 2026 apporte des reponses à ces demandes et des signaux de paiement plus rapides, des procédures logistiques plus fluides et des règles sociales plus lisibles, l'investissement privé peut repartir. À défaut, le coût du capital restera élevé, même si l'intention politique est là.
Idrissa Diakité
La Rédaction
Publié le 12/01/26 13:54


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