La Guinée équatoriale a engagé un ajustement budgétaire d'une ampleur exceptionnelle dans la zone CEMAC. Selon le Rapport sur les comptes nationaux publié par l'Institut national de la statistique (INEGE), les dépenses publiques se sont établies à 234,4 milliards FCFA au troisième trimestre 2025, contre 411,8 milliards FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 43,1 % en glissement annuel. Cette contraction a permis de ramener le déficit budgétaire à 1,1 milliard FCFA, contre 92 milliards FCFA à la même période en 2024.
L'essentiel de l'ajustement provient de la réduction du fonctionnement de l'État. Les dépenses courantes ont reculé de 37,5 %, passant de 286,2 milliards FCFA à 178,8 milliards FCFA. Cette évolution traduit un effort marqué de maîtrise des charges administratives et des dépenses récurrentes, dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques et de baisse des recettes.
La compression est encore plus nette sur l'investissement public. Les dépenses d'investissement ont été divisées par plus de deux, passant de 125,6 milliards FCFA à 55,6 milliards FCFA, soit une baisse de 55,7 % sur un an. Ce repli explique en grande partie l'amélioration rapide du solde budgétaire, mais il réduit mécaniquement l'impact de la dépense publique sur l'activité économique, dans un pays où l'investissement de l'État joue un rôle structurant.
À l'inverse, la masse salariale de la fonction publique affiche une progression de 8 %, atteignant 66,3 milliards FCFA, contre 61,4 milliards FCFA au troisième trimestre 2024. Cette hausse, limitée mais significative dans un contexte d'austérité, accentue la rigidité des finances publiques. Elle souligne le choix opéré par les autorités de préserver les rémunérations et l'emploi public, alors même que l'ajustement repose principalement sur la réduction des autres postes de dépenses.
Idrissa DIAKITE
La Rédaction
Publié le 07/01/26 19:15


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