Sur le papier, le gisement de potasse de Mboukoumassi coche toutes les cases d'un projet minier de dimension internationale. Sur le terrain, les travaux avancent. Mais à ce stade, l'équation financière continue de peser lourdement sur le calendrier industriel.
Porté par Luyuan des Mines Congo (LMC), filiale du groupe chinois Shendong, le projet est implanté dans la sous-préfecture de Loango, dans le département du Kouilou, au sud-ouest de la République du Congo. Selon les données rendues publiques par l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives en République du Congo (ITIE Congo, rapport 2023), les réserves identifiées approchent le milliard de tonnes, ce qui place Mboukoumassi parmi les gisements de potasse les plus prometteurs d'Afrique centrale.
Les premiers travaux avaient été lancés entre 2018 et 2019, avant d'être stoppés en 2020. En cause, un cumul de contraintes financières, le recul des investissements internationaux et le choc provoqué par la pandémie de Covid-19, dans un contexte mondial défavorable aux grands projets miniers à forte intensité capitalistique.
La dynamique a changé à partir de 2023. La reprise du chantier s'est traduite par des avancées visibles. Deux puits ont été creusés, dont l'un est désormais équipé d'une station de congélation à force circulaire, fonctionnelle depuis le redémarrage des travaux en juin 2023.
Toujours selon l'ITIE Congo, la base vie est achevée et un village de réinstallation de plus de 160 logements est en voie de finalisation pour les populations concernées. Les travaux ont également porté sur l'aménagement du site minier, la réhabilitation d'une route d'accès longue de quinze kilomètres et l'installation d'une ligne électrique dédiée. Une station de transformation de 30 kVA alimente aujourd'hui la base vie et les installations du site.
À ces progrès s'ajoute une étape institutionnelle majeure franchie en 2025. En septembre de cette année-là, le gouvernement congolais a validé l'attribution de 577 hectares du domaine public maritime en vue de la construction d'un terminal d'exportation à proximité de Pointe-Noire. Cette décision, confirmée par les autorités et relayée dans les données de transparence du secteur extractif, vise à sécuriser l'évacuation de la production vers les marchés internationaux, un enjeu clé pour la rentabilité du projet.
Sur le plan industriel, les ambitions restent élevées. L'investissement global est évalué à environ 1,3 milliard de dollars américains. À terme, la capacité nominale annoncée atteint cinq millions de tonnes de chlorure de potassium par an. Dans un premier temps, LMC envisage une entrée en production industrielle dès 2026 avec un volume initial d'environ deux millions de tonnes annuelles, sous réserve de la mobilisation effective des financements nécessaires, comme le souligne le rapport ITIE Congo.
C'est précisément sur ce point que subsistent les principales incertitudes. Malgré les infrastructures déjà réalisées et la planification avancée du volet portuaire, le projet reste dépendant de la capacité de ses promoteurs à boucler le financement d'une phase industrielle coûteuse.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 09/01/26 13:13


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