Ghana : 1ère obligation d’infrastructure de 935 millions USD pour financer les routes

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Le Ghana s'apprête à franchir une étape structurante dans sa stratégie de financement du développement. Le gouvernement prévoit en effet, de lever 10 milliards de cedis (environ 935 millions de dollars), soit 526,7 milliards FCFA, à travers la toute première émission d'obligations d'infrastructure domestiques du pays, destinées à financer la construction et la modernisation de routes et d'échangeurs stratégiques. Une opération emblématique, à la croisée de la relance économique, du retour de la confiance des investisseurs et de la reconstruction progressive du marché de la dette locale après la crise de 2022.

Selon des sources proches du dossier, l'émission sera scindée en deux tranches, programmées respectivement au premier et au second semestre de l'année. Les titres, dotés d'échéances plus longues, visent à attirer une base d'investisseurs domestiques en quête de rendements stables, dans un contexte de désinflation marquée et de stabilisation macroéconomique. Les modalités précises de cette opération, ainsi que celles des autres émissions prévues, devraient être dévoilées dans un calendrier d'émissions attendu plus tard ce mois-ci.

Des infrastructures autofinancées pour préserver la soutenabilité budgétaire

L'un des éléments clés de cette émission réside dans son architecture financière. Les projets d'infrastructures concernés devraient être largement autofinancés, principalement grâce aux péages routiers électroniques, selon les mêmes sources. Cette approche innovante vise à éviter un alourdissement supplémentaire de la dette publique, encore sous surveillance étroite après le défaut de paiement de 2022. Pour Accra, il s'agit d'un signal fort envoyé aux marchés : financer la croissance par l'investissement productif, tout en maintenant une discipline budgétaire rigoureuse. Un équilibre délicat, mais crucial pour consolider le redressement économique en cours.

Le timing de cette opération n'est pas anodin. Premier producteur d'or d'Afrique, le Ghana cherche à capitaliser sur le net regain de confiance des investisseurs observé depuis un an. Après avoir été exclu des marchés financiers à la suite du défaut de paiement de 2022, le pays bénéficie aujourd'hui d'indicateurs macroéconomiques en nette amélioration.

Le rendement des obligations ghanéennes libellées en cedis et arrivant à échéance en 2039 a chuté de plus de 10 points de pourcentage sur les douze derniers mois, pour s'établir autour de 16 %. L'inflation, qui frôlait 54 % en 2023, est retombée à 5,4 % en décembre, son plus bas niveau en 23 ans, tandis que le cedi s'est apprécié de 41 % face au dollar sur l'année écoulée. Autant de signaux favorables à une réouverture graduelle du marché obligataire domestique.

Par ailleurs, le pays s'approche de la sortie de son programme de soutien de 3 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international, prévue en mai, après des progrès jugés significatifs dans la mise en œuvre du plan de redressement économique. Au-delà de son montant, cette première obligation d'infrastructure domestique constitue un test majeur pour la stratégie économique du Ghana : financer le développement local par des instruments innovants, restaurer la crédibilité du marché de la dette intérieure et lier rigueur budgétaire et investissement productif.

Narcisse Angan

Publié le 09/01/26 20:42

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