Réuni en session ordinaire le jeudi 8 janvier 2026, le Comité de politique monétaire (CPM), sous la conduite du Gouverneur André Wameso, a acté une baisse du taux directeur de 17,5 % à 15 %, confirmant ainsi le tournant accommodant amorcé à la fin de l'année 2025.
Cette décision intervient à l'issue d'un examen approfondi de l'évolution macroéconomique nationale et internationale, ainsi que du bilan de la politique monétaire conduite au cours de l'année écoulée.
Sur le plan mondial, la BCC observe une économie internationale qui a fait preuve d'une résilience notable en 2025, malgré un climat toujours marqué par des tensions géopolitiques, des frictions commerciales et des incertitudes liées aux orientations des politiques publiques dans plusieurs grandes économies.
Le ralentissement progressif de l'inflation à l'échelle mondiale, favorisé par les effets différés des politiques monétaires restrictives et la normalisation graduelle des chaînes d'approvisionnement, a contribué à créer un espace plus favorable à l'assouplissement des conditions financières, y compris dans les économies émergentes.
Une dynamique économique interne maîtrisée
Dans ce contexte international plus clément, l'économie congolaise a conservé une trajectoire globalement positive. La croissance du produit intérieur brut réel, bien qu'en léger repli, est demeurée soutenue, passant de 6,7 % en 2024 à 5,6 % en 2025. Cette performance repose notamment sur la solidité des activités administratives, la résistance du secteur industriel et la progression des branches non extractives.
La stabilité des prix constitue l'un des faits marquants de l'année écoulée. L'inflation a fortement ralenti, surtout au second semestre, pour s'établir à 2,27 % à fin décembre 2025, contre 11,69 % un an plus tôt. Ce niveau est nettement inférieur à l'objectif de moyen terme fixé à 7 %, traduisant l'efficacité du cadre de politique monétaire appliqué par la BCC, combinée à l'appréciation du franc congolais et à la baisse des prix de certains produits importés, notamment les carburants et les céréales.
Le marché des changes a également évolué favorablement. À la clôture de l'année 2025, la monnaie nationale s'échangeait à 2.181,39 CDF pour un dollar américain sur le marché interbancaire et à 2.309,38 CDF sur le marché parallèle, enregistrant des gains significatifs par rapport à l'année précédente. Cette tendance a été soutenue par une meilleure gestion de la liquidité bancaire, une communication renforcée de la Banque centrale et une demande accrue de franc congolais par les agents économiques.
Dans le même temps, les réserves internationales ont connu une progression notable, atteignant 7,9 milliards de dollars à fin décembre 2025, soit l'équivalent de trois mois d'importations de biens et services, renforçant ainsi la crédibilité externe du pays.
Perspectives
Pour l'année 2026, la BCC table sur une stabilisation du taux de change et le maintien d'une croissance robuste, portée notamment par l'évolution favorable des cours internationaux du cuivre et du cobalt. Toutefois, l'économie congolaise demeure exposée aux aléas extérieurs, en particulier aux tensions géopolitiques persistantes et aux mesures tarifaires restrictives dans certaines régions du monde.
Sur le plan interne, une amélioration progressive de la situation sécuritaire dans l'Est du pays est anticipée, en lien avec les engagements pris par les différentes parties impliquées.
Hormis la baisse du taux directeur, les autres instruments de politique monétaire ont été maintenus inchangés. Les coefficients de réserves obligatoires restent fixés à 10,5 % pour les dépôts à vue et 0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale, ainsi qu'à 11,5 % et 10,5 % respectivement pour les dépôts à vue et à terme en devises.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 09/01/26 17:04


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