Unique société minière opérant à l'échelle industrielle en République du Congo, la Société de recherche et d'exploitation minière (SOREMI), contrôlée par des capitaux chinois, active depuis 2017 dans l'exploitation du cuivre, du zinc et du plomb dans le département du Pool, fait face à une combinaison de blocages juridiques, sociaux et institutionnels, au moment même où se dessine un vaste plan d'expansion soutenu au plus haut niveau de l'État.
Sur le terrain, les opérations minières se poursuivent à Koubenza, où l'extraction et la transformation du minerai continuent malgré l'absence de statistiques consolidées pour l'année 2025, selon le rapport 2023 de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) publié le 30 decembre 2025. En parallèle, SOREMI a intensifié ses activités de prospection à Bokossongo, dans le Pool, où de nouveaux indices de gisements de zinc ont été identifiés au cours des dernières campagnes géologiques.
A en croire le rapport de l'ITIE, cette dynamique est fragilisée par la résurgence d'activités artisanales illégales sur certains sites, en dépit d'une suspension officielle décidée par les autorités. Ces exploitations informelles, sources de tensions avec les communautés locales, "ont entraîné des vols récurrents de minerai et perturbé la chaîne de production". À cela s'ajoute le blocage persistant du projet aurifère de la société dans le département de la Lékoumou, où l'étude d'impact environnemental attend toujours, plus d'un an après son dépôt, la validation officielle de ses termes de référence.
Ces contraintes internes contrastent avec l'ampleur des engagements économiques et diplomatiques pris récemment autour de SOREMI. Le 14 octobre 2024, Shenghong Cheng, directeur général de la société, a été reçu en audience à Brazzaville par le président Denis Sassou-N'Guesso. Cette rencontre s'inscrivait dans la mise en œuvre des accords signés le 7 septembre 2024 entre le ministère congolais des Industries minières et de la Géologie et des partenaires chinois, en marge de la visite d'État du chef de l'État congolais à Pékin, du 5 au 10 septembre.
Au total, 18 accords de coopération bilatérale ont été paraphés à cette occasion, couvrant notamment les infrastructures, l'agriculture et les mines. Dans le secteur minier, les textes signés ciblent en priorité le développement des ressources aurifères identifiées dans plusieurs zones du pays.
Sur le plan industriel, SOREMI reste un acteur central de la transformation locale des minerais. Mise en service en novembre 2019, son usine polymétaux de Mfouati, dans la Bouenza, produit des cathodes de cuivre de grade A, avec une pureté de 99,99 %. Elle affiche une capacité annuelle de plus de 20 tonnes de cuivre et 25.000 tonnes de zinc, pour un investissement estimé à 294,5 millions de dollars, soit près de 160 milliards de francs CFA.
L'usine a généré environ 600 emplois permanents et verse chaque année 30 millions de francs CFA aux populations riveraines, tout en finançant des projets sociaux et environnementaux, allant des forages d'eau potable à la réhabilitation d'infrastructures scolaires et routières, en passant par la construction d'un bassin de traitement des eaux usées industrielles. Ces engagements ont été officiellement salués lors du Conseil des ministres du 20 janvier 2024.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 09/01/26 16:40


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