Jusque-là connu presqu'exclusivement des professionnels du marché financier régional car évoluant dans l'ombre de la BRVM depuis sa création en 1996, le DC/BR, le Dépositaire Central/Banque de Règlement, est pourtant un organe incontournable à son bon fonctionnement.
L'institution joue en effet deux rôles essentiels : d'une part, elle assure la centralisation de la conservation des valeurs mobilières (actions, obligations, bons du trésor, etc.) et d'autre part, elle assure la bonne fin des opérations de règlement/livraison (achat/vente) lors des transactions à la BRVM, ainsi que le paiement des évènements sur valeur (paiement des dividendes, intérêts, capital, etc.).
Nommé à la tête du DC/BR en juillet 2022, Birahim Diouf, spécialiste reconnu des marchés financiers avec plus de 30 d'expérience, a animé ce 23 mars une conférence de presse afin de présenter le bilan et les perspectives de l'institution. Et s'il y a bien une donnée à retenir, c'est bien le chiffre de 17 861 milliards FCFA, soit 29,4 milliards de dollars, qui représente la valeur de l'ensemble des titres en conservation au sein du DC/BR à fin 2022, en progression de 29% comparé à 2021. Un chiffre de loin supérieur au PIB de bien d'Etats de la région, a souligné Birahim Diouf. En outre, au titre des paiements des évènements sur valeur, ce sont 1 496 milliards FCFA, soit 2,4 milliards de dollars, que le DC/BR a distribué pour le paiement des dividendes, des intérêts et le remboursement du capital des obligations tout au long de l'année.
Au-delà de ses activités globales de dépositaire et de règlement, les activités portent également notamment sur la gestion du fonds de garantie du marché (qui permet d'assurer les règlements à bonne date) et la gestion des opérations hors marché (transfert de portefeuille, nantissement des titres, mise en pension, etc.). Au niveau du nantissement des titres en particulier, le DC/BR a permis aux banques de constituer, sur la base de leurs portefeuilles de titres en dette souveraine éligibles, des sûretés à hauteur 3 115 milliards FCFA qui ont servi à leur refinancement auprès de la BCEAO, et donc de reconstituer leurs fonds destinés à financer l'économie réelle.
" Il faut garder en mémoire le rôle du DC/BR dans le financement des économies, notamment par la redistribution des paiements de dividendes, intérêts et remboursements de capital des emprunts, reçus des émetteurs publics et privés vers les investisseurs " a déclaré Monsieur Birahim Diouf, faisant remarquer que " ceux-là sont effectués simultanément pour tous ses adhérents en fonction de la quantité de titres qu'ils détiennent en compte ".
Pour les perspectives 2023, le DC/BR prévoit de développer une offre de produits complète pour l'écosystème financier, basée sur les standards Swift. Il s'agira également de digitaliser des opérations d'Appel Public à l'Epargne afin d'élargir le portefeuille de participants, de poursuivre la codification des instruments financiers ou encore de passer à l'inscription en compte ‘'Niveau client'' et non en compte groupé qui permettra de suivre en détails les comptes En outre, le DC/BR mettra en place une offre de gestion de collatéral pour les opérations de mise en pension, de nantissement, etc.
Afin de poursuivre la digitalisation du DC/BR, il s'agira également de mettre en place un système d'échanges documentaires entre le DC/BR et les acteurs du marché, d'automatiser leurs opérations et de s'interconnecter avec les dépositaires centraux de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et du continent.
Publié le 24/03/23 16:31
Jean Mermoz Konandi
SN
CEMAC