Société générale en passe de quitter le Maroc

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Le groupe Société Générale serait-il sur le point de quitter définitivement l'Afrique ? Bien qu'aucune annonce officielle n'ait été faite sur la question, la série de cessions que le groupe opère dans ses filiales africaines ces derniers mois, laisse entrevoir cette éventualité.

Jusqu'à présent, il était constaté que les filiales que la Société Générale envisageait de céder étaient parmi les moins rentables, une stratégie visant à réduire les coûts. Cependant, cette récente annonce apporte une nuance à cette observation, tirée des cessions récentes des filiales au Tchad, au Congo, en Guinée-Équatoriale, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Mozambique.

En effet, Société Générale serait en passe de se défaire des 57,66% de parts détenues au capital de la filiale marocaine (total bilan de 1 258 millions de dirhams, soit 6 504,78 milliards FCFA), la plus importante filiale africaine du groupe, devant Société Générale Côte d'Ivoire. Cette cession serait au profit du groupe Saham, un groupe fondé et dirigé par Moulay Hafid Elalamy ancien ministre de l'Industrie et du commerce du Maroc.

Selon les informations divulguées par Medias24, un accord aurait déjà été conclu et attendrait l'approbation réglementaire de Bank Al Maghrib, l'institution monétaire centrale du Maroc. Les termes de cet accord sont rapportés à hauteur de 8 milliards de dirhams, soit environ 480,85 milliards FCFA. Cette transaction, si elle se concrétise, représenterait un événement significatif dans le secteur financier marocain, avec des implications potentielles à la fois pour les acteurs locaux et internationaux.

En termes de performances financières en 2023, Société Générale Maroc, c'est un Produit Net Bancaire (PNB) de 527 millions d'euros (soit 345 milliards FCFA) et un résultat avant impôt de 195 millions d'euros (soit 127,9 milliards FCFA) contre 119,6 milliards FCFA pour Société Générale Côte d'Ivoire.

Cette annonce laisse planer le flou sur l'avenir du groupe bancaire français en Afrique, particulièrement pour sa représentation en Côte d'Ivoire. Si la réduction des coûts avait été avancée comme stratégie, la volonté du groupe de se défaire de Société Générale Maroc qui est la 5ème plus importante banque du marché marocain crée l'incertitude.

Il est impératif de réfléchir à la possibilité de la désintégration du groupe bancaire le plus influent en Côte d'Ivoire. Si cette éventualité se matérialisait, il est crucial d'identifier qui pourrait assumer la responsabilité de cette reprise. Ces considérations devraient susciter des inquiétudes au sein de l'opinion publique de la sous-région.

Sékou Karamoko

La Rédaction

Publié le 08/03/24 15:45

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