Le président Mahamat Idriss Déby Itno a reçu mardi 7 janvier 2025 à N'Djamena une délégation de China National Petroleum Corporation International Chad (CNPCIC), conduite par son président du conseil d'administration, He Wenyuan. " Les points saillants ayant fait l'objet des discussions sont entre autres, l'extension de la Raffinerie de Djermaya, l'augmentation de sa capacité de production, la valorisation des ressources gazières pour le besoin national et l'exploration de nouveaux blocs ", ont révélé les services de communication de la présidence.
Bien que des détails opérationnels devant sous-tendre la concrétisation de cette ambition n'aient pas été révélés, elle tombe à point nommé. En effet, cette visite intervient dans un contexte de fragilité du dispositif énergétique national. Selon des informations relayées en septembre 2025 à l'occasion de la cérémonie de renouvellement des accords énergétiques entre Ndjamena et Pékin, la raffinerie de Djermaya, créée en 2011 dans le cadre d'une joint-venture entre l'État tchadien et la CNPC, fonctionne depuis de nombreuses années en dessous de ses capacités techniques. Conçue pour traiter environ 20 000 barils par jour, elle n'en raffine qu'environ 14 000, principalement en raison de la qualité du brut fourni, alors même que la demande intérieure en carburant et en électricité continue de progresser.
La situation s'était compliquée fin 2023 avec l'expiration de l'Accord de vente de pétrole brut (COSA), qui encadrait l'approvisionnement de la raffinerie. L'absence d'un nouveau cadre contractuel avait ouvert une phase de négociations prolongées entre les parties tchadienne et chinoise, avec pour enjeu central l'amélioration du brut destiné au raffinage afin de permettre une montée en charge de l'installation.
Fort heureusement, le 21 septembre 2025 à Shanghai, le Tchad et la China National Oil & Gas Exploration and Development Company Ltd ont signé un nouveau COSA ainsi qu'un mémorandum d'entente associant cinq parties, dont la Société des hydrocarbures du Tchad et la raffinerie de Djarmaya. Ces accords, conclus pour trois ans, visent à sécuriser l'approvisionnement de la raffinerie, à améliorer la qualité du brut raffiné et à stabiliser la production de carburants pour le marché domestique, selon le ministère tchadien du Pétrole.
Ce renforcement du dialogue s'inscrit aussi dans un climat marqué par des tensions fiscales. Dans un rapport rendu public en décembre 2025, l'Autorité nationale de lutte contre la corruption (AILC) a accusé CNPCIC d'avoir bénéficié d'environ 224,9 milliards de FCFA d'exonérations fiscales jugées irrégulières, notamment sur les redevances pétrolières dans le bassin de Bongor.
L'Agence évoque un manque à gagner important pour l'État, à un moment où le gouvernement anticipe une baisse d'environ 22 % des recettes pétrolières en 2026, estimées à près de 780 milliards de FCFA dans le projet de loi de finances. À ce stade, aucune enquête judiciaire n'a été annoncée et la compagnie chinoise n'a pas officiellement réagi à ces accusations.
Malgré ces controverses, CNPCIC demeure l'acteur dominant du secteur pétrolier tchadien. Sa production annuelle dépasse les 5 millions de tonnes, soit environ 37 millions de barils, grâce à l'exploitation de plusieurs champs majeurs et à la mise en service du premier champ pétrolier entièrement automatisé du pays, selon des données sectorielles.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 08/01/26 11:48


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