Le cabinet conseil à l'investissement AFRIKA FORWARD, dont le siège est basé à Abidjan, publie sur notre site web des notes à l'attention des investisseurs, relatives à certains secteurs porteurs. Ces notes sont une synthèse des critères majeurs macro et microéconomiques entrant dans le processus de prise de décision à l'investissement.
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Les Investissements Directs Étrangers (IDE) mondiaux ont connu une évolution contrastée entre 2014 et 2024, passant de 1 403 milliards USD à 1 508 milliards USD, avec un pic de 2 041 milliards USD observé en 2015, soit une croissance de 7,48%. Parallèlement, le continent africain a enregistré une hausse de 83% de ses IDE, passant de 53 milliards USD en 2014 à 97 milliards USD en 2024.
Dans ce contexte global, la Côte d'Ivoire se distingue avec des IDE multipliés par huit au cours de la décennie, passant de 439 millions USD à 3 802 millions USD. Par ailleurs, le montant des investissements dans le secteur privé est passé de 2,2 milliards USD à 6,18 milliards USD sur la même période. Cette progression s'explique par une amélioration significative de l'attractivité économique du pays, notamment grâce aux réformes mises en œuvre pour renforcer l'environnement des affaires.
Par ‘'environnement des affaires'', on entend l'ensemble des conditions économiques, politiques, juridiques, sociales et technologiques qui influencent les activités des entreprises. Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire se positionne comme la destination la plus attractive d'Afrique de l'Ouest, compte tenu des montants d'IDE captés — les plus élevés de la région en 2024 — et d'une croissance économique soutenue, avec une moyenne de 6,9% entre 2012 et 2024. Il convient de noter que le pays représente environ 39% du PIB de l'UEMOA et 16% de celui de la CEDEAO, ce qui atteste de son poids régional déterminant.
Le dynamisme de l'économie ivoirienne repose traditionnellement sur l'agriculture, l'industrie manufacturière et les services. Toutefois, dans le cadre de sa stratégie de diversification, le gouvernement ambitionne d'accroître de manière significative la contribution des secteurs minier et énergétique au PIB national. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux matières premières agricoles et à positionner la Côte d'Ivoire comme un hub énergétique et minier régional.
Pour concrétiser cette vision, le gouvernement a déployé des stratégies ciblées d'amélioration de l'environnement des affaires, en particulier dans ces secteurs stratégiques. Au-delà de l'environnement macroéconomique général, chaque secteur dispose de son propre écosystème réglementaire et institutionnel. Les secteurs minier, des hydrocarbures et de l'énergie sont encadrés en Côte d'Ivoire par des codes sectoriels spécifiques, des autorités de régulation spécialisées et des politiques publiques dédiées, qui influencent directement les conditions d'investissement et d'exploitation.
À titre de rappel, le secteur minier, soutenu par des réformes de modernisation du cadastre et une augmentation des investissements, attire d'importants capitaux. Le secteur des hydrocarbures, avec le développement du champ Baleine et les réformes structurantes annoncées pour 2025, offre de nouvelles perspectives aux investisseurs internationaux. Quant au secteur énergétique, avec une capacité installée de 3 119 MW — la troisième plus élevée de l'UEMOA/CEDEAO après le Nigeria (plus de 10 000 MW) et le Ghana (plus de 4 000 MW) — et des projets d'expansion ambitieux, il constitue un facteur transversal d'attractivité pour l'ensemble des investissements industriels.
Au regard des ambitions des autorités ivoiriennes pour ces secteurs et de leur potentiel, une compréhension approfondie de leurs environnements des affaires respectifs s'avère nécessaire, ce qui justifie notre analyse.
- Environnement macroéconomique
La Côte d'Ivoire affiche une résilience économique notable, illustrant la solidité de ses fondamentaux. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), le pays a enregistré en 2024 un taux de croissance du PIB réel estimé à 6,1%, avec des prévisions de 6,3% pour la période 2025-2026. Cette performance confirme le dynamisme de l'économie ivoirienne et sa capacité à maintenir une trajectoire de croissance soutenue.
La Côte d'Ivoire a récemment amélioré la soutenabilité de ses finances publiques en réduisant son déficit budgétaire, passé de 6,8% du PIB en 2022 à 5,2% en 2023, avec un objectif de 3% d'ici 2025. Cette consolidation repose sur une mobilisation accrue des recettes intérieures et une rationalisation des dépenses courantes.
En janvier 2024, l'État a procédé à une émission d'Eurobonds de 2,6 milliards USD, destinée à refinancer des échéances plus coûteuses et à lisser le profil des remboursements, dans le cadre d'une gestion active de la dette. Cette opération a permis d'améliorer les ratios de liquidité et de préserver la notation souveraine de la Côte d'Ivoire, classée dans la catégorie ‘'moderate risk'' par le FMI. Par ailleurs, le relèvement de la note de crédit par Moody's (de Ba3 à Ba2, avec perspective stable), ainsi que l'accès régulier aux marchés financiers internationaux, témoignent de la confiance renouvelée des investisseurs.
Malgré ces avancées, le stock de dette publique représentait 58,1% du PIB en 2023, principalement constitué de dette extérieure. Les stress tests du FMI indiquent que, dans un scénario de baisse des prix des matières premières — notamment le cacao —, le ratio dette/PIB pourrait se maintenir durablement au-dessus du seuil critique de 55%, exposant ainsi le pays à un risque de dégradation de sa soutenabilité à moyen terme.
De plus, l'environnement financier international reste contraint : les conditions de refinancement se sont durcies et l'accès à de nouveaux financements bilatéraux ou multilatéraux s'avère plus difficile à moyen terme. Le FMI souligne que l'Afrique subsaharienne subit actuellement une contraction des flux financiers nets, atteignant leur plus bas niveau depuis la crise financière mondiale de 2008-2009.
Dans ce contexte, toute baisse des recettes d'exportation ou hausse des taux d'intérêt mondiaux pourrait peser lourdement sur les perspectives de croissance de la Côte d'Ivoire.
Pour consolider durablement sa trajectoire économique, la Côte d'Ivoire devra poursuivre la diversification de ses sources de revenus, renforcer les cadres de gestion des risques budgétaires et financiers, ainsi qu'accélérer la digitalisation du système fiscal afin d'élargir la base contributive et d'améliorer le rendement des recettes publiques.
Par ailleurs, l'inflation est restée globalement maîtrisée, s'établissant à 3,5% en 2024 contre 4,4% en 2023, un niveau conforme à la moyenne observée au sein de l'UEMOA, mais supérieur à l'objectif défini par le comité de politique monétaire de la BCEAO, fixé entre 1% et 3%. Cette relative stabilité des prix constitue un levier essentiel pour assurer la prévisibilité des coûts opérationnels des entreprises et renforcer l'attractivité du pays auprès des investisseurs privés, qu'ils soient locaux ou étrangers.
- Réformes structurantes et amélioration du climat des affaires
Le gouvernement ivoirien a engagé un vaste programme de réformes couvrant une dizaine de secteurs stratégiques, afin de renforcer la compétitivité du pays et d'améliorer durablement le climat des affaires. Ces réformes visent notamment à accroître la transparence, à sécuriser les investissements et à stimuler l'initiative privée.
Parmi les avancées notables figure la lutte contre la corruption, illustrée par l'amélioration du score de la Côte d'Ivoire à l'Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International, passé de la 87ᵉ à la 69ᵉ place sur 180 pays en 2024, avec un score de 45/100.
Le gouvernement s'est également fixé pour objectif de renforcer les droits de propriété, de simplifier la fiscalité des entreprises et de moderniser les services administratifs.
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Publié le 27/02/26 16:00
Communiqué
SN
CEMAC
