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SITARAIL, l’atout rail entre le Port d’Abidjan et le Burkina Faso

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Pour le Port d'Abidjan, le Burkina Faso représente bien davantage qu'un voisin enclavé. Premier client du port ivoirien parmi les pays de l'hinterland, il constitue un marché stratégique dont la desserte conditionne une partie de la compétitivité du corridor ivoirien. Dans cette relation économique, le rail conserve une place singulière.

Exploitée depuis trente ans par SITARAIL, filiale d'Africa Global Logistics, la ligne Abidjan-Ouagadougou relie directement le premier port ivoirien à la capitale burkinabè sur 1 145 kilomètres. Cette continuité ferroviaire demeure un atout majeur en Afrique de l'Ouest, où la performance logistique dépend autant de la qualité des ports que de la capacité à acheminer les marchandises vers les marchés intérieurs.

Chaque année, environ un million de tonnes de fret transitent par cette ligne. Dans le sens Abidjan-Ouagadougou, les trains transportent des hydrocarbures, du clinker, du ciment, du fer à béton, des engrais, des denrées alimentaires de base et des conteneurs. En sens inverse, ils acheminent vers le Port d'Abidjan le coton, le sésame, l'anacarde, le beurre de karité, le bétail ainsi que des produits miniers, notamment le zinc et le manganèse.

Cette double circulation donne au corridor ferroviaire une fonction économique essentielle : approvisionner le Burkina Faso tout en offrant à ses productions agricoles et minières une voie d'accès vers les marchés internationaux.

Pour mieux accompagner la dynamique des échanges alimentés en moyenne par 3 à 5 départs quotidiens de trains de fret dans chaque sens, ajustée aux besoins des chargeurs, la compagnie poursuit la modernisation de son outil d'exploitation. En février 2026, quatre locomotives GL30 sont venues renforcer les capacités de traction sur l'axe.

Au-delà du matériel roulant, la performance du corridor repose sur un savoir-faire ferroviaire spécifique. Conducteurs, régulateurs, mécaniciens, électrotechniciens, spécialistes de la voie et équipes de maintenance assurent quotidiennement la continuité des circulations. Cette expertise est entretenue par les centres de formation de SITARAIL à Abidjan et Bobo-Dioulasso, ainsi que par l'École supérieure des métiers ferroviaires, devenue un pôle de référence pour les métiers du rail dans la sous-région.

L'entreprise emploie environ 1 500 collaborateurs et génère plus de 3 000 emplois indirects à travers ses partenaires, prestataires et sous-traitants. Plus de 25 000 personnes vivent directement de l'activité du réseau SITARAIL. Elle structure également une partie de la vie économique des territoires traversés, où le rail reste associé aux échanges, à l'emploi et à la continuité des services logistiques.

Dans un contexte où les ports ouest-africains cherchent à renforcer leur attractivité auprès des pays enclavés, le ferroviaire demeure un avantage différenciant pour le corridor Abidjan-Ouagadougou. Il permet de massifier les flux, de réduire la pression sur les routes et d'offrir une solution adaptée aux marchandises lourdes ou volumineuses.

Pour la Côte d'Ivoire, SITARAIL n'est donc pas seulement une filiale ferroviaire. Elle est l'un des instruments qui consolident le lien logistique entre le Port d'Abidjan et son principal marché d'hinterland, et est surtout un gage de compétitivité pour les économies desservies. Un maillon discret, mais stratégique, dans la capacité du pays à maintenir son rôle de plateforme de transit vers le Burkina Faso et, plus largement, vers les marchés sahéliens.

Publié le 14/07/26 15:44

Jean Mermoz Konandi

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