UEMOA : Le coût du crédit se détend, mais avec des trajectoires nationales disparates

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Les derniers résultats de l'enquête sur les conditions de banque au sein de l'UEMOA montrent un mouvement général de détente du coût du crédit, mais derrière cette moyenne régionale se cachent des dynamiques nationales contrastées, révélatrices des pressions économiques propres à chaque pays. 

Selon le rapport que vient de publier l'institution monétaire en janvier, concernant les données s pour le mois d'octobre 2025, les taux d'intérêt débiteurs pratiqués par les banques ont reculé de 2 points de base (pdb/0,2%) à l'échelle de l'Union, s'établissant à 6,65 % contre 6,67 % le mois précédent. Sur un an, la baisse est plus marquée : 44 pdb (0,44%), signe que la transmission du cycle monétaire enclenché par la BCEAO poursuit son effet sur l'économie réelle. 

Cette détente n'est toutefois pas uniforme. Le crédit bancaire s'est nettement assoupli au Bénin, au Niger (–6 pdb chacun) et en Côte d'Ivoire (–3 pdb), trois pays bénéficiant d'une dynamique d'activité plus robuste et d'un profil de risque mieux maîtrisé. À l'inverse, les taux sont repartis à la hausse au Sénégal (+9 pdb), au Burkina Faso (+7 pdb) et au Mali (+6 pdb), où les tensions budgétaires, les incertitudes politiques ou les pressions inflationnistes maintiennent un coût du risque élevé pour les banques. En Guinée-Bissau et au Togo, la progression reste modérée (+2 pdb). 

Parallèlement, la rémunération de l'épargne repart légèrement à la hausse dans l'Union. Les taux créditeurs sur les dépôts à terme se sont fixés à 5,45 %, contre 5,40 % en septembre 2025, même s'ils demeurent inférieurs de 4 pdb à leur niveau d'un an auparavant. Là encore, les écarts nationaux sont significatifs. La Guinée-Bissau enregistre la plus forte revalorisation (+10 pdb), suivie de la Côte d'Ivoire (+3 pdb), du Mali (+2 pdb), du Sénégal, du Bénin et du Togo (+1 pdb chacun). À l'inverse, le Niger (–7 pdb) et le Burkina Faso (–2 pdb) voient reculer le rendement servi aux déposants. 

Ces évolutions traduisent une réalité commune : dans un contexte de normalisation progressive des conditions monétaires régionales, les banques ajustent leurs grilles de taux en fonction du risque pays, de la liquidité disponible et de la dynamique de crédit locale. La convergence affichée au niveau de l'Union masque donc des trajectoires financières différenciées, qui pourraient se renforcer si les pressions sécuritaires, budgétaires ou politiques persistent dans certains États membres.

Jean Mermoz Konandi

Publié le 19/01/26 15:59

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