Voir tous les sujets
|
![]() |
 
Répondre
|
![]() |
 
Répondre
|
Après plus de cinq mois de blocage institutionnel, la Banque centrale de Tunisie (BCT) s'apprête à renouer avec la prise de décision en matière de politique monétaire. Le Conseil d'administration de l'institution devrait se réunir au début de la semaine prochaine, une première depuis le 30 juillet dernier.
Cette longue interruption trouve son origine dans la vacance de trois sièges au sein du Conseil, rendant impossible toute délibération formelle.
Le dénouement est intervenu récemment avec l'intervention de la Présidence de la République, qui a procédé à la désignation de deux nouveaux administrateurs, à savoir Madame Rim Kolsi et Monsieur Mouldi Zaiene. En parallèle, la Présidence de la République a décidé de prolonger le mandat de Monsieur Ghazi Boulila pour une durée additionnelle de trois années.
Ces décisions ont permis de rétablir le quorum requis et de lever ainsi un verrou institutionnel qui pesait sur le fonctionnement normal de la BCT.
Une réunion très attendue par les marchés
La réunion de la semaine prochaine est particulièrement scrutée par les acteurs économiques et financiers. Selon plusieurs sources concordantes, une réduction du taux directeur de 0,5 point serait fortement probable, marquant un tournant potentiel après plusieurs mois de politique monétaire restrictive.
Une telle décision s'inscrirait dans un contexte de reflux progressif des pressions inflationnistes et de besoin accru de soutien à l'activité économique. Visiblement, le maintien prolongé de taux élevés a pesé sur l'investissement privé, le crédit bancaire et la trésorerie des entreprises, en particulier les PME.
Une détente monétaire, même graduelle, pourrait donc être perçue comme un signal d'assouplissement prudent, visant à relancer la dynamique économique sans compromettre la stabilité des prix.
Entre crédibilité monétaire et impératifs économiques
La reprise des réunions du Conseil d'administration constitue en soi un signal positif en matière de gouvernance. Toutefois, la période de vacance décisionnelle soulève des questions sur la résilience institutionnelle de la BCT face aux contraintes de composition de ses organes.
La décision attendue sur le taux directeur devra ainsi concilier plusieurs impératifs : préserver la crédibilité de la politique monétaire, accompagner la décélération de l'inflation et répondre aux attentes d'une économie en quête d'oxygène financier. Elle interviendra également dans un contexte budgétaire contraint, où la coordination implicite entre politique monétaire et politique économique globale devient de plus en plus sensible.
Un test pour la nouvelle configuration du Conseil
Au-delà de la décision sur les taux, la prochaine réunion fera figure de test pour la nouvelle configuration du Conseil d'administration de la BCT. Elle permettra d'évaluer sa capacité à fonctionner de manière régulière, autonome et cohérente, dans un environnement économique et politique complexe.
Pour les marchés comme pour les partenaires économiques de la Tunisie, l'enjeu dépasse la simple variation du taux directeur : il s'agit de mesurer la solidité institutionnelle de la Banque centrale et sa faculté à piloter la politique monétaire avec constance, lisibilité et crédibilité, conditions indispensables à la stabilité macroéconomique du pays.
Omar EL Oudi
![]() |
 
Répondre
|
SN
CEMAC


