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Le FMI tempère l'optimisme de la Tunisie pour 2026

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dardoura dardoura
14/04/2026 21:43:37
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Et qui demande l avis de fmi sur notte croissance ?
  
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dardoura dardoura
14/04/2026 21:43:37
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Alors que le gouvernement tunisien affiche des ambitions de relance inscrites dans sa Loi de Finances, les services du Fonds Monétaire International (FMI) publient des prévisions nettement plus prudentes. Le bras de fer des chiffres révèle un écart significatif entre les attentes nationales et la lecture de l'institution de Washington.

 

 

 

Le dernier tableau des perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l'Asie Centrale, publié par le FMI, apporte une douche froide aux prévisions de croissance tunisiennes. Si Tunis mise sur une accélération de son activité économique pour l'année prochaine, les experts internationaux, eux, privilégient la thèse d'un ralentissement progressif.

Le point de friction majeur réside dans le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel. Selon le document du FMI, la croissance réelle de la Tunisie devrait s'établir à 2,1% pour l'année 2026, soit le même taux de croissance publié par l'institution en octobre dernier.

Ce chiffre est à mettre en perspective avec les objectifs du gouvernement tunisien qui, dans sa Loi de Finances, tablait sur un taux de 3,3%. Cet écart de 1,2 point de pourcentage souligne une divergence d'appréciation sur la capacité de l'économie tunisienne à générer de la richesse dans un contexte de réformes structurelles encore en suspens et d'un accès complexe aux financements extérieurs.

Plus inquiétant encore, les projections du FMI pour 2027 anticipent une nouvelle décélération à 1,6%, suggérant que le "rebond" tant espéré peine à trouver un second souffle sur le moyen terme.

Inflation et chômage, des défis persistants

Au-delà de la croissance, les autres indicateurs de l'annexe du FMI dessinent un paysage économique sous tension.

Côté inflation, après une année 2025 estimée à 5,3%, les prix à la consommation devraient repartir à la hausse pour atteindre 6,5% en 2026, avant de culminer à 7,2% en 2027. Cette trajectoire ascendante pourrait lourdement peser sur le pouvoir d'achat des ménages et compliquer la politique monétaire de la Banque Centrale.

 

Lire aussi : Les nouvelles prévisions du FMI pour la Tunisie

 

Quant au déficit extérieur, le solde des transactions courantes reste dans le rouge, avec une dégradation prévue passant de -4,2% du PIB en 2026 à -5,8% en 2027, signe d'une dépendance accrue aux importations et d'une pression persistante sur les réserves de change.

Une lecture divergente

L'écart entre les 3,3% du gouvernement et les 2,1% du FMI pose la question de la crédibilité des hypothèses de l'élaboration de la Loi de Finances. Si le gouvernement compte sur une relance par l'investissement public et une meilleure performance des secteurs exportateurs (phosphates, tourisme), le FMI semble intégrer davantage de risques systémiques et une consommation intérieure bridée par l'inflation.

En somme, ce rapport confirme la nécessité d'un dialogue renforcé entre la Tunisie et ses partenaires financiers, alors que le pays doit naviguer entre impératifs de croissance sociale et rigueur budgétaire.

Omar EL Oudi

 


  
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