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Afrique-Asie : Un financement de plus de 1 milliard USD espéré sous 6 mois

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L'Afrique et l'Asie commercent à grande échelle, mais les capitaux ne circulent pas encore à la hauteur de leurs échanges. Pour combler ce décalage, des institutions financières des deux continents ont engagé, le 15 octobre à Bangkok, des discussions autour d'une opération de financement de plus d'un milliard de dollars, avec l'ambition de parvenir à un accord opérationnel dans un délai de 3 à 6 mois.

Organisé par Global Markets et la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), le dialogue West Africa–Asia Capital Dialogue a réuni des banques centrales, des institutions de financement du développement, des assureurs et des banques commerciales, dont ICBC, MUFG et Nomura. L'objectif est de rapprocher les prêteurs asiatiques des entreprises et des projets africains susceptibles de mobiliser leurs financements.

Un déficit de financement de 100 milliards de dollars

Le déficit annuel de financement du commerce en Afrique est estimé entre 74 et 100 milliards de dollars, sous l'effet notamment des contraintes de change, du recul des relations de correspondance bancaire, des coûts logistiques élevés et de mécanismes insuffisants de partage des risques.

Pourtant, les opportunités ne manquent pas. Le marché de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente environ 1,4 milliard d'habitants et 3 500 milliards de dollars de produit intérieur brut (PIB). Encore faut-il transformer ce potentiel commercial en projets suffisamment structurés pour convaincre les investisseurs.

L'expérience d'Afreximbank met en évidence cet intérêt. En 2025, la banque panafricaine a mobilisé plus de 800 millions de dollars sur les marchés asiatiques grâce à des émissions obligataires en Chine et au Japon. Elle a également approuvé plus de 2,5 milliards de dollars pour des parcs industriels et des zones économiques spéciales. Six parcs opérationnels ont attiré plus de 5 milliards de dollars d'investissements de leurs entreprises locataires et généré environ 32 000 emplois.

Le risque, principal verrou à lever

Au-delà de la disponibilité des capitaux, la capacité à sécuriser les transactions demeure déterminante. Les banques asiatiques attendent des informations fiables sur les emprunteurs, des garanties de remboursement et des mécanismes de protection contre les risques politiques et commerciaux.

L'Assurance pour le développement du commerce et de l'investissement en Afrique (ATIDI) entend contribuer à lever ces obstacles grâce à l'assurance-crédit et à la couverture des risques politiques. La BIDC mise, pour sa part, sur sa connaissance des marchés ouest-africains afin d'identifier les emprunteurs crédibles, de préparer les opérations et de faciliter leur structuration.

Le Nigeria cherche également à renforcer la confiance des investisseurs. Son gouverneur de banque centrale, Olayemi Cardoso, a notamment mis en avant l'unification du marché des changes, le règlement d'environ 7 milliards de dollars d'engagements de change vérifiés en souffrance et les mesures destinées à consolider le système bancaire.

Un accord encore conditionné aux validations bancaires

Global Markets coordonne désormais les échanges avec ICBC, MUFG, Nomura, ATIDI et les partenaires africains pour identifier les emprunteurs, définir les besoins et élaborer une structure conforme aux exigences des prêteurs.

Le financement de plus d'un milliard de dollars reste toutefois à l'état de projet. Aucune convention n'a été annoncée à ce stade. Sa concrétisation dépendra des vérifications préalables, de l'accord commercial des parties et des autorisations institutionnelles nécessaires.

Les discussions de Bangkok ambitionnent d'installer des relations financières durables entre les deux continents. L'amélioration des paiements transfrontaliers, notamment grâce à une meilleure interconnexion entre les systèmes africains et asiatiques, figure parmi les leviers identifiés pour réduire les coûts et fluidifier les transactions.

Publié le 22/10/26 11:20

Dr Ange Ponou

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