L'Afrique résiste aux chocs, mais ses marges de manœuvre s'amenuisent. En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale de 2026 qui se tiennent à Bangkok, les responsables du Caucus africain et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, ont appelé à consolider les équilibres macroéconomiques tout en accélérant la transformation structurelle des économies du continent.
La croissance africaine devrait atteindre 4,5% cette année, malgré les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. L'inflation est, quant à elle, attendue à 9,3%, un niveau encore élevé malgré le ralentissement anticipé des prix. Cette résistance masque toutefois des fragilités persistantes. Dans plusieurs pays, le service de la dette absorbe une part importante des ressources publiques, au détriment des infrastructures et des investissements sociaux. La baisse de l'aide extérieure et le coût élevé des emprunts accentuent cette contrainte.
Face à ces pressions, le Caucus africain plaide pour une mobilisation accrue des ressources intérieures. La modernisation des systèmes fiscaux, l'élargissement de l'assiette imposable et une meilleure gestion des dépenses publiques doivent permettre de dégager des recettes supplémentaires sans alourdir excessivement la charge des ménages vulnérables.
Au-delà de la stabilisation économique, l'enjeu est de transformer la croissance en emplois. Cela passe par un environnement plus favorable à l'investissement, le développement des marchés financiers et une intégration régionale renforcée. La mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est notamment présentée comme un levier pour élargir les débouchés commerciaux, structurer les chaînes de valeur régionales et renforcer la compétitivité des entreprises africaines.
Le FMI a réaffirmé sa volonté d'accompagner les Etats africains par des financements ciblés, des conseils économiques et un appui technique. Les responsables africains ont également insisté sur la nécessité de renforcer la représentation du continent au sein de l'institution.
Créé en 1963, le Caucus africain rassemble les gouverneurs africains du FMI et du Groupe de la Banque mondiale afin de porter une position commune sur les enjeux de développement du continent et d'influencer les décisions de ces institutions. Son plaidoyer a contribué, ces cinq dernières années, à des avancées en matière de financement, de dette, de climat, d'énergie et de représentation africaine.
Publié le 15/10/26 13:17
La Rédaction
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CEMAC