Après avoir réussi un tour de table historique de 100 millions de dollars, soit 56,5 milliards FCFA, mené par le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), branche d'investissement d'Afreximbank, au mois d'octobre 2025, la start-up africaine Spiro, pionnière de la mobilité électrique sur le continent, vient de conclure une nouvelle levée. En effet l'entreprise, spécialisée dans les stations d'échange de batteries pour motos électriques, annonce ce 24 février avoir sécurisé 50 millions de dollars, soit 27,8 milliards FCFA, de financement par emprunt pour étendre son réseau à l'échelle continentale. Cette nouvelle opération reste encore soutenue par Afreximbank, ainsi que Nithio et Africa Go Green Fund (géré par Cygnum Capital).
Cette tranche de financement confirme la mutation du marché africain des deux-roues électriques : des expérimentations locales vers des déploiements à grande échelle, gourmands en capital. L'échange de batteries est un modèle intensif en infrastructures, stations, logistique, batteries en circulation, où la densité du réseau conditionne l'adoption et la rentabilité. Les acteurs capables de lever des financements longs gagnent un avantage décisif : fidélisation des usagers, contrôle des points de recharge et pouvoir de fixation des prix.
Voir aussi - Afrique : La start-up Spiro lève 100 millions USD pour propulser la plus vaste expansion de motos électriques
Fondée en 2022, Spiro est aujourd'hui présente au Nigeria, au Bénin et au Togo, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, avec des pilotes au Cameroun et en Tanzanie. Elle revendique plus de 80 000 motos électriques déployées, 2 500 stations d'échange, 30 millions de swaps et plus d'un milliard de kilomètres parcourus sans émissions de CO₂.
Le cœur de la proposition : l'utilisateur achète ou loue la moto, tandis que Spiro conserve la propriété des batteries. En moins de cinq minutes, une batterie vide est échangée contre une pleine. Ce schéma transforme l'énergie en revenu récurrent, améliorant la visibilité des flux de trésorerie, un point clé qui explique l'appétit des prêteurs pour le financement par dette. Le choix de l'emprunt, après une injection de fonds propres à neuf chiffres en 2025, est révélateur. Il traduit la confiance des financiers dans la prévisibilité des cash-flows et la volonté de limiter la dilution du capital.
Publié le 24/02/26 16:42
Narcisse Angan
SN
CEMAC