Après la pandémie de la Covid-19, l'autre choc majeur auquel les finances publiques en Afrique subsaharienne seront confrontées s'appelle l'inflation. Celle-ci est attendue à 12,6% fin 2022 dans la région, soit son haut niveau depuis 2008.
En effet, la flambée des prix des denrées alimentaires et des combustibles, exacerbée par le conflit entre la Russie et l'Ukraine, en réduisant les marges de manœuvre des pouvoirs publics, menace gravement les perspectives de croissance dans la région.
Ce nouveau choc exogène se fait notamment sentir à travers 3 principaux canaux. Tout d'abord, la hausse des cours du pétrole représente un coût budgétaire direct pour ces pays à travers les subventions aux carburants, ce qui constituerait des tensions supplémentaires sur les dépenses publiques.
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En conséquence, les soldes budgétaires des pays africains à faible revenu importateurs de pétrole devraient se dégrader de 0,8% du PIB.
Parallèlement, sur fond de hausse des taux d'intérêt dans les pays développés, les financements pourraient devenir plus onéreux et plus difficile à obtenir, dans la mesure où la plupart des pays africains sont déjà surendettés ou présentent un risque élevé de surendettement.
Par ailleurs, la hausse des cours du pétrole alourdira la facture des importations des pays importateurs de pétrole de la région à hauteur de près 19 milliards de dollars, selon le FMI, ce qui aggravera les déséquilibres commerciaux et augmentera les coûts du transport et d'autres produits de consommation.
Enfin, la flambée des prix des denrées alimentaires devrait plus affecter les ménages en Afrique subsaharienne, car les produits alimentaires représentent 40% des dépenses de consommation dans la région.
En outre, environ 85% du blé consommé dans la région sont importés. Tous ces facteurs, conjugués à la hausse des prix des combustibles et des engrais, devrait accentuer l'insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne.
Somme toute, le FMI table sur une croissance économique de 3,8% en 2022, après une hausse de 4,5% en 2021.
Publié le 03/05/22 11:41
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC