L'évaluation du climat des affaires en Côte d'Ivoire met en évidence le rôle central des technologies de l'information dans la modernisation économique du pays. Selon le rapport 2026 publié par le Département d'État des États-Unis à Abidjan, la digitalisation représente un levier clé pour attirer les capitaux privés et renforcer la transparence des affaires, alors que le gouvernement cherche à mobiliser 115 000 milliards FCFA pour financer son Plan national de développement 2026-2030.
Ce plan, adopté en février 2026, place l'innovation technologique au cœur de la stratégie nationale. L'État y ambitionne de porter la part des investissements privés à plus de 70 % de l'enveloppe globale. Dans cette perspective, la transformation numérique vise à moderniser le tissu économique et à stimuler une croissance durable. Les réformes en cours cherchent à étendre le haut débit sur tout le territoire et à encourager la création d'entreprises innovantes dans des secteurs variés.
Des infrastructures modernes
L'amélioration de l'environnement des affaires repose sur des installations techniques solides. Le parc technologique de Grand-Bassam illustre cette dynamique avec l'implantation d'un nouveau centre de données national de niveau Tier III et le projet de ville intelligente.
Ces équipements permettront aux entreprises locales et internationales de stocker leurs données en toute sécurité et d'accéder à des services en ligne performants. L'extension des réseaux de fibre optique, longue de plus de 5 000 kilomètres, renforce la connectivité globale et facilite le travail des acteurs économiques.
Cadre fiscal
Le gouvernement adapte ses règles fiscales pour accompagner les acteurs du secteur. La loi de finances soumet désormais à la taxe sur la valeur ajoutée les ventes en ligne réalisées par les plateformes étrangères sans présence physique locale.
En contrepartie, la mesure fiscale de 2026 accorde une exonération d'impôts de trois ans aux jeunes entreprises numériques certifiées. Ce dispositif vise à soutenir les jeunes pousses et à formaliser progressivement les activités économiques émergentes.
Des démarches simplifiées
La numérisation des procédures administratives réduit les délais et les coûts pour les opérateurs. La plateforme du Guichet unique du commerce extérieur (GUCE) regroupe plus de 5 000 entreprises. De plus, la mise en place de formulaires électroniques pour le transit des marchandises accélère le passage aux frontières avec les pays voisins.
Ce gain de temps renforce l'efficacité du port d'Abidjan, qui a traité plus de 40 millions de tonnes de marchandises en 2024.
Défis
Malgré ces avancées, des obstacles importants subsistent pour le développement du pays. Le secteur informel occupe encore plus de 80 % de la population active, ce qui limite les recettes fiscales et la protection sociale. Le sous-emploi des jeunes reste préoccupant dans un contexte démographique très dynamique.
Par ailleurs, la forte dépendance envers les exportations de cacao expose l'économie aux variations des cours mondiaux, tandis que la lourdeur de certaines démarches pèse sur le quotidien des entrepreneurs.
Une vision d'avenir
Le PND 2026-2030 apporte des réponses concrètes à ces difficultés structurales. L'objectif consiste à transformer localement au moins 50 % des matières premières agricoles afin de créer davantage de valeur ajoutée et d'emplois qualifiés. La formation technique et l'intégration des outils numériques dans l'administration doivent permettre de réduire l'informel et d'améliorer la transparence.
En combinant ces efforts avec le dynamisme de l'énergie et de l'exploitation minière, l'intérêt croissant des investisseurs pour les technologies numériques et les infrastructures offre à la Côte d'Ivoire les moyens de convertir ses ambitions en une réalité souveraine et durable.
Anselme Akéko
Publié le 13/10/26 09:12
La Rédaction
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