Les autorités tchadiennes mettent en avant une forte progression de la capacité de production d'électricité, alors que la Banque mondiale continue d'estimer l'accès national à l'électricité à seulement 6 %, avec 1 à 2 % en milieu rural. Dans un discours prononcé le 17 février 2026 lors du lancement officiel des travaux de construction des centrales solaires hybrides de Bongor, Bol et Biltine, le ministère tchadien de l'Eau et de l'Énergie a affirmé que " la capacité installée nationale, qui était inférieure à 100 MW sur l'ensemble du territoire, dépasse aujourd'hui les 300 MW, dont près de 29 % issus d'énergies renouvelables ". Rapportée au niveau de départ inférieur à 100 MW, cette évolution correspond à une augmentation d'au moins 200 % et donc à une capacité au minimum triplée depuis la prise de pouvoir en avril 2021, selon les données officielles.
Dans le même discours, le membre du gouvernement a rappelé que les besoins du pays sont " estimés à environ 1 250 MW et en constante augmentation ", ce qui maintient un écart considérable entre l'offre actuelle et la demande nationale. Les autorités reconnaissent que ces progrès restent " parfois insuffisamment perceptibles pour nos concitoyens, dont l'impatience est légitime ", tout en estimant que les résultats obtenus traduisent " la détermination des plus hautes autorités à transformer durablement ce secteur stratégique ".
À N'Djamena, la production disponible atteint 140 MW selon le ministère. Des mesures sont en cours pour " rendre opérationnels 32 MW thermiques supplémentaires ". En parallèle, le projet Respite de Dinio, présenté comme la première centrale photovoltaïque du pays, doit fournir 30 MWc assortis de 60 MWh de stockage par batteries, avec de premières injections d'électricité annoncées pour juin 2026. Le projet bénéficie d'un financement de la Banque mondiale.
Le gouvernement tchadien entend accélérer davantage l'électrification. Le ministère tchadien des Finances, du Budget, de l'Économie et du Plan a annoncé en 2025 son intention de mobiliser 1,1 milliard de dollars afin d'accélérer l'électrification d'ici 2030, dans le cadre du Plan national de développement Tchad Connexion 2030 présenté en 2025.Cette stratégie vise un taux d'accès à l'électricité de 60 % à l'horizon 2030, avec l'installation prévue de 866 MW supplémentaires dont 520 MW d'origine solaire, soit plus de la moitié des nouvelles capacités envisagées.
Le secteur électrique tchadien reste cependant dominé par des centrales thermiques fonctionnant aux combustibles fossiles. La capacité actuelle demeure très concentrée dans la capitale et quelques centres urbains, insuffisante pour couvrir la demande nationale. Selon la Banque mondiale, seuls 6 % des Tchadiens disposent d'un accès à l'électricité, une proportion qui tombe entre 1 et 2 % en zone rurale.
Perton Biyiha
Publié le 18/02/26 19:42
La Rédaction
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