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Bénin : Le Capital Reach Forum clôture ses travaux sur les leviers de financement de l’économie

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Financer une entreprise, faciliter l'accès au logement ou accompagner l'industrialisation ne relève pas uniquement de la capacité des banques à accorder des crédits. La mobilisation de l'épargne et le recours aux marchés de capitaux peuvent également ouvrir de nouvelles perspectives, à condition de disposer de mécanismes adaptés aux besoins des porteurs de projets. C'est autour de cet enjeu que le Capital Reach Forum 2026 a achevé ses travaux le 27 octobre à Cotonou, au Bénin, en mettant l'accent sur les solutions de financement capables de rapprocher les investisseurs de l'économie réelle.

Au cœur des échanges, la titrisation a illustré la possibilité de mobiliser des ressources à partir de créances existantes. Cette technique consiste à transférer des créances, notamment des prêts accordés par une banque, à un Fonds commun de titrisation de créances (FCTC), un véhicule qui émet ensuite des titres financiers souscrits par des investisseurs. Les fonds collectés permettent de rémunérer la banque cédante en contrepartie des créances transférées, tandis que les remboursements de ces dernières servent à honorer les engagements envers les investisseurs. Présentée lors d'une masterclass consacrée au passage du mandat à la mise en marché, cette mécanique a été illustrée par les programmes Keur Samba et ZAKA.

Lancé par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), le programme Keur Samba entend notamment soutenir le financement des petites et moyennes entreprises (PME) en donnant aux banques un moyen de mobiliser des liquidités à partir de leurs portefeuilles de créances. Au Bénin, une opération réalisée en juillet 2025 avec NSIA Banque a permis de mobiliser 52 milliards FCFA. Les ressources doivent contribuer au financement des PME au Bénin, au Togo et au Sénégal, avec notamment une allocation de 25 % aux entreprises détenues par des femmes et de 15 % à la finance climatique. Le programme ZAKA, développé par l'Association financière pour l'habitat (AFINHAB) avec BOAD Titrisation, explore une autre application de ce mécanisme, cette fois au service du logement abordable. L'opération de 15 milliards FCFA réalisée par BSIC Bénin en juillet 2026 en constitue une illustration, les fonds étant destinés au financement de logements abordables dans le pays.

Voir aussi- Bénin : Le Capital Reach Forum veut rapprocher l'épargne africaine des besoins de financement

La mobilisation des capitaux à finalité sociale a également occupé une place importante dans les discussions. À travers les obligations sociales, ou Social Bonds, AFINHAB a présenté une approche qui associe financement de long terme et objectifs sociaux mesurables. Contrairement à une émission obligataire classique, ce type d'instrument prévoit l'affectation des ressources à des projets répondant à des critères définis, ainsi qu'un suivi de leur utilisation et de leurs retombées. L'expérience présentée a notamment mis en évidence le rôle des institutions de financement du développement, comme Proparco, susceptibles d'intervenir comme investisseurs de référence afin de soutenir une émission et de contribuer à attirer d'autres souscripteurs. La structuration de ces opérations, la qualité de la documentation juridique et le suivi après l'émission apparaissent ainsi déterminants pour renforcer la confiance des investisseurs.

Au-delà des mécanismes financiers, le forum a élargi la réflexion aux besoins en capitaux des entreprises industrielles africaines. Réunis autour du thème ‘'Investir pour produire : quels capitaux pour bâtir les champions industriels africains ?'', les intervenants du second panel ont abordé les conditions nécessaires pour accompagner les entreprises depuis leurs premiers besoins de financement jusqu'au changement d'échelle. L'enjeu est de construire un continuum de financement qui leur permette d'investir dans leurs capacités de production, de gagner en compétitivité et de conquérir de nouveaux marchés. Cette question prend une dimension particulière dans un contexte où l'industrie manufacturière ne représentait qu'environ 11 % du PIB de l'Afrique subsaharienne en 2023, contre près de 18 % au début des années 1980. L'ouverture du marché continental portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les ambitions industrielles du Bénin, notamment à travers la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), renforcent l'intérêt de cette réflexion.

En refermant cette première édition, Théodore Ganfle, directeur général de la SGI AGI, a appelé les acteurs de l'écosystème financier à prolonger les échanges au-delà du forum afin de faire émerger de nouveaux champions économiques. Il a également annoncé le retour de la rencontre dans un délai de 18 mois à deux ans, avec une prochaine édition qui devra tenir compte des recommandations des participants. Pour l'organisateur, l'enjeu est désormais de transformer les réflexions engagées à Cotonou en pistes d'action concrètes, en rapprochant davantage les entreprises des investisseurs et des solutions de financement adaptées à leurs ambitions.

Fanuelle YAO 

Publié le 29/10/26 09:34

La Rédaction

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