Deux États, deux partitions, un même métronome. À Ouagadougou comme à Cotonou, les gouvernements ont calé leurs projets de loi de finances 2027 sur la cadence que dicte l'UEMOA : des dépenses en nette expansion, mais un déficit tenu en laisse sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB), seuil de convergence de l'union monétaire.
Au sein de l'UEMOA, la Côte d'Ivoire et le Sénégal ont également dévoilé leurs projets de loi de finances pour 2027, rejoignant ainsi le Bénin et le Burkina Faso.
Deux budgets de plus de 4 000 milliards FCFA
Le Burkina Faso, qui déroule son Plan RELANCE, table sur 4 220,4 milliards FCFA de recettes pour 4 839,4 milliards FCFA de dépenses. Le solde global ressort à -619 milliards FCFA, soit -2,9% du PIB nominal, c'est-à-dire de la richesse produite exprimée en valeur courante, inflation comprise. Les recettes progressent de 491,9 milliards FCFA (+13,2%) par rapport aux prévisions révisées de 2026.
Pour sa part, le Bénin présente un budget voté à l'équilibre, ressources et charges s'établissant à 4 757 milliards FCFA. Cela représente 14,7% de plus que la loi de finances rectificative 2026, qui avait ajusté en cours d'année les prévisions initiales à 4 148,4 milliards FCFA.
Un déficit sous le seuil communautaire
Le déficit budgétaire désigne l'écart entre ce que l'État dépense et ce qu'il encaisse. L'UEMOA le plafonne à 3% du PIB afin de préserver la stabilité de la monnaie commune.
Ouagadougou et Cotonou l'estiment respectivement à 2,9% et 2,8%. Les deux capitales se logent ainsi dans une marge de manœuvre étroite, de quelques dixièmes de point seulement.
Cotonou mise sur le social et une croissance de 7,5%
Le Bénin assume une ambition plus détaillée. Son projet postule une croissance de 7,5% et une inflation de 2%, sous le plafond communautaire de 3%. Son objectif central est de consolider une croissance soutenue, inclusive et durable, et poursuivre l'éradication de l'extrême pauvreté.
Les dépenses à sensibilité sociale, celles qui bénéficient directement aux populations (santé, éducation, protection), grimpent à 1 597,5 milliards FCFA, contre 1 285,4 milliards FCFA prévus en 2026, soit environ 24% de plus.
Publié le 21/10/26 17:29
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC