Meta, le géant américain des télécommunications, envisage le déploiement d'une nouvelle infrastructure sous-marine transatlantique baptisée Petal. Selon les informations révélées par un média tech français indépendant, ce projet vise à relier la côte Est des Etats-Unis à la France sur une distance de plus de 6 500 kilomètres, pour soutenir l'essor massif de ses services informatiques et de ses technologies d'Intelligence artificielle (IA).
En effet, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg, propriétaire des réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp, fait face à une explosion continue du trafic de données. L'arrivée récente de Muse, son assistant virtuel autonome, présage une intensification de ce besoin de connectivité globale. Les calculs distribués et la synchronisation des datacenters pour l'apprentissage des modèles requièrent par ailleurs des flux d'informations constants et volumineux.
De ce fait, contrôler directement ses propres infrastructures permettra au groupe d'assurer la stabilité de ses plateformes tout en réduisant ses coûts d'exploitation par rapport à la location de lignes auprès des opérateurs télécoms traditionnels.
Par ailleurs, cette initiative s'inscrirait dans la continuité des investissements stratégiques de la firme de Menlo Park. Après le déploiement de 2Africa, l'un des plus importants systèmes de télécommunication au monde encerclant le continent africain, ce nouveau tracé renforcera significativement la résilience de son réseau mondial. L'atterrissement prévu dans la région de Marseille permettra également d'alimenter directement la zone EMEA grâce à des unités de branchement stratégiques vers le Moyen-Orient et l'Afrique.
Cependant, l'initiative en est encore à ses phases préparatoires. La présence du dossier dans des documents réglementaires atteste des démarches en cours, mais plusieurs zones d'ombre subsistent. À ce stade, le tracé sous-marin précis, l'emplacement exact de la station d'atterrissement sur la côte américaine ainsi que le calendrier officiel du chantier restent à préciser. La capacité maximale initiale du câble n'a pas non plus été divulguée officiellement.
Il convient de rappeler que la quasi-totalité des flux mondiaux d'information repose sur de telles installations informatiques. En effet, 99% du trafic intercontinental est transporté par les câbles sous-marins. Selon l'organisation Fratel (réseau francophone de la régulation des télécommunications), la capacité internationale va continuer à connaître une croissance exponentielle dans les années à venir.
Sur la décennie écoulée, la croissance annuelle s'est élevée en moyenne à près de 40%, et les projections prévoient une augmentation de l'ordre de 25% par an sur les 10 prochaines années. Aujourd'hui, plus de 1 300 000 km de câbles sont déjà en service à travers le globe pour assurer ces flux vitaux.
Dans ce contexte et tenant compte de ces prévisions, la maîtrise des autoroutes numériques sous-marines représente un enjeu économique et technologique crucial pour les géants du Web. Se positionnant comme son propre opérateur d'infrastructures physiques, permettra à Meta de garantir la souveraineté et la fluidité de ses services pour accompagner les futures évolutions de l'intelligence artificielle.
Anselme Akéko
Publié le 01/10/26 17:35
La Rédaction
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