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Cameroun : 6,3 milliards FCFA de pertes financières liées à la corruption en 2025

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Le préjudice financier subi par l'État du Cameroun du fait de la corruption a atteint 6,3 milliards FCFA en 2025, contre 4,1 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 54,4 %. Cette progression ressort du 15e rapport annuel sur l'état de la lutte contre la corruption, élaboré par la Commission nationale anti-corruption (CONAC) et présenté le jeudi 8 octobre 2026 à Yaoundé. En valeur absolue, les pertes financières recensées ont ainsi augmenté de 2,2 milliards FCFA en un an.

Selon la CONAC, ce rapport repose sur l'exploitation de 112 contributions reçues " de divers acteurs engagés dans la promotion de l'intégrité, notamment ceux du secteur public, du secteur privé et de la société civile ". Le document s'articule autour de trois principaux axes : la prévention de la corruption, les sanctions infligées aux auteurs d'actes de corruption, ainsi que la lutte contre le blanchiment de capitaux, le recouvrement des avoirs et la coopération institutionnelle.

L'évaluation du préjudice financier repose sur deux principales sources. Les enquêtes approfondies menées par la CONAC à la suite de diverses allégations ont permis d'établir des pertes de 1,7 milliard FCFA pour l'État. À ce montant s'ajoutent, selon le rapport, " les préjudices établis à la suite des décisions du Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF) et du Tribunal criminel spécial (TCS) ". Les décisions de ces deux instances représentent ainsi environ 4,5 milliards FCFA, soit près des trois quarts du préjudice total recensé.

Parallèlement, les sommes recouvrées au profit de l'État dépassent 5 milliards FCFA, selon le rapport. Bien que ce montant témoigne des efforts engagés pour récupérer les avoirs publics, il demeure inférieur au préjudice financier établi au titre de l'année 2025.

Moins de dénonciations, davantage de contrôles sur le terrain

Au-delà des pertes financières, le rapport fait état d'une baisse du nombre de dénonciations adressées à la CONAC. La Commission en a reçu 8 036 en 2025, contre 10 520 en 2024, soit 2 484 signalements de moins, correspondant à un recul de 23,6 %.

Le document avance une explication possible à cette évolution : " Cette diminution pourrait s'expliquer par la multiplication des lignes vertes au sein des administrations ". Une partie des dénonciations serait ainsi recueillie et traitée directement par les services concernés, sans nécessairement être transmise à la CONAC. Cette hypothèse, avancée par le rapport, ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer les raisons exactes de cette baisse.

En parallèle, les opérations de contrôle menées sur le terrain ont donné lieu à des interpellations. Selon le rapport, les cliniques déployées dans les régions de l'Adamaoua et du Littoral ont permis de prendre 23 individus en flagrant délit de corruption. Dans le secteur de l'éducation, la fraude aux examens demeure également une préoccupation : 116 étudiants ont été sanctionnés en 2025 pour des faits liés à cette pratique.

Le rapport aborde également le volet financier de la lutte contre la corruption, notamment à travers la détection des opérations susceptibles de dissimuler l'origine illicite de fonds. À ce titre, l'Agence nationale d'investigation financière (ANIF), chargée notamment de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a reçu 1 764 déclarations d'opérations suspectes au cours de l'année 2025.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 10/10/26 11:29

La Rédaction

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