Plus de 40 ans après sa mise en service, la route nationale n°3, qui relie Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, à Douala, son principal centre économique, doit faire l'objet d'une reconstruction sur 167 km entre Yaoundé et Édéa, dans la région du Littoral. Le ministère des Travaux publics a lancé, le 8 octobre 2026, un appel d'offres international pour sélectionner les entreprises chargées de réaliser les travaux.
Le marché est réparti en trois lots, dont les travaux doivent être exécutés simultanément sur une période prévisionnelle de 30 mois à compter de leur démarrage. Sur l'ensemble du parcours, seuls 45,3 km seront aménagés en deux fois deux voies. Le reste du linéaire fera l'objet d'une reconstruction de la chaussée et d'améliorations du tracé.
Cet axe constitue la principale liaison routière historique entre Yaoundé, siège des institutions politiques, et Douala, première ville économique du pays et porte d'entrée du commerce maritime. Il joue également un rôle dans les échanges avec les pays enclavés de l'hinterland, notamment la République centrafricaine et le Tchad, en permettant l'acheminement des marchandises débarquées au port de Douala vers leurs marchés respectifs.
La dégradation de plusieurs sections de cette route complique les déplacements et le transport des marchandises, avec des conséquences sur les délais d'acheminement et les conditions de circulation entre les deux principales métropoles camerounaises. Sa reconstruction vise ainsi à améliorer la fluidité du trafic sur un axe essentiel à la mobilité intérieure et aux échanges commerciaux régionaux.
Le projet ne couvre toutefois pas encore l'intégralité de la liaison routière jusqu'à Douala. Le tronçon entre Édéa et le pont sur la Dibamba, long d'environ 51 km, ainsi que la construction d'un second pont sur cette rivière, restent tributaires de la finalisation des financements recherchés auprès de partenaires internationaux, dont l'Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d'investissement (BEI) et l'Union européenne.
La Banque mondiale finance le corridor vers Bangui
La reconstruction de la route nationale n°3 s'inscrit dans le cadre du Programme d'aménagement du corridor économique Douala-Bangui, soutenu par la Banque mondiale. Le 12 juin 2026, l'institution financière a approuvé un programme régional de 1,12 milliard de dollars, déployé en plusieurs phases, dont une première enveloppe de 525 millions de dollars destinée aux infrastructures routières, à la sécurité et à l'entretien du réseau.
Dans ce cadre, le Cameroun doit bénéficier d'un financement de plus de 400 millions USD destiné à soutenir les travaux sur son réseau routier.
La réhabilitation de la route nationale n°3 intervient alors que le projet d'autoroute entre Yaoundé et Douala, censé offrir une liaison plus rapide entre les deux villes, accuse d'importants retards. En attendant son achèvement, la route historique demeure donc un maillon essentiel du transport des personnes et des marchandises au Cameroun.
L'autoroute Yaoundé-Douala toujours en chantier après plus de dix ans
Engagé depuis plus d'une décennie, le projet d'autoroute entre Yaoundé et Douala n'a pas encore permis de remplacer la route nationale n°3 comme principal itinéraire routier entre les deux métropoles. Les travaux de la première phase, longue de 60 km, ont été lancés le 13 octobre 2014. Cette section n'a finalement été réceptionnée techniquement que le 31 décembre 2021, soit plus de sept ans après le démarrage du chantier.
La deuxième phase, longue de 141,1 km, a été officiellement lancée le 2 octobre 2024 et confiée à l'entreprise chinoise China First Highway Engineering Company. Sa réalisation se heurte notamment aux difficultés liées à la libération des emprises nécessaires aux travaux et à l'indemnisation des populations riveraines concernées par le projet.
En mai 2026, le ministère des Travaux publics faisait encore état d'opérations préparatoires et de travaux de déforestage sur certaines sections, ainsi que de blocages fonciers. Le 12 juin suivant, devant l'Assemblée nationale, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a de nouveau évoqué les difficultés liées aux indemnisations. En septembre 2026, des opérations de déforestage avaient repris après plusieurs mois d'interruption des travaux sur le terrain. La livraison de cette deuxième phase est désormais annoncée pour 2031.
Claude Paul Tjeg
Publié le 09/10/26 15:57
La Rédaction
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CEMAC