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Cameroun : en hausse de 6% sur un an, la dette publique atteint 15 416 milliards FCFA à fin mars

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Selon les données publiées par la Caisse autonome d'amortissement (CAA), structure rattachée au ministère camerounais des Finances et chargée de la gestion de la dette publique, l'encours de la dette du secteur public camerounais s'établit à 15 416 milliards de FCFA au 31 mars 2026, soit 44,3% du produit intérieur brut (PIB).

La CAA indique que cet encours " enregistre des hausses maîtrisées de 0,2% en glissement mensuel, 4,1% en glissement trimestriel et 6,0% en glissement annuel ". Les autorités y voient une évolution compatible avec la stratégie d'endettement du pays. Le communiqué précise en effet que cette progression " traduit une gestion prudente et cohérente avec les orientations de la Stratégie d'endettement à moyen terme (SDMT) 2025-2027, qui fixe le plafond d'endettement public à 50% du PIB, en dessous du seuil communautaire de 70% ".

Cette référence au seuil communautaire renvoie aux critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), qui imposent aux États membres de maintenir leur dette publique totale sous le plafond de 70% du PIB afin de préserver la soutenabilité budgétaire et la stabilité monétaire de la sous-région. Avec un ratio de 44,3%, le Cameroun demeure donc en dessous de cette limite.

Dans le détail, la structure de la dette montre une forte concentration au niveau de l'administration centrale. D'après les chiffres de la CAA, celle-ci détient 93,6% de l'encours total, contre 6,2% pour les entreprises publiques et seulement 0,2% pour les collectivités territoriales décentralisées.

À elle seule, la dette directe de l'administration centrale atteint 14 431 milliards de FCFA à fin mars 2026, soit 41,5% du PIB. Le document officiel relève qu'elle " est en hausse successive de 0,2% en glissement mensuel, 4,5% sur un trimestre et 7,0% en glissement annuel ".

Les emprunts extérieurs continuent par ailleurs de dominer la structure de cet endettement souverain. Selon les données publiées, " la composition de cette dette reste dominée par les emprunts extérieurs, qui représentent 64,5% de l'encours, contre 35,5% pour la dette intérieure, y compris les restes à payer de plus de trois mois ".

Les entreprises publiques réduisent leur exposition

Contrairement à la dette de l'administration centrale, celle des établissements et entreprises publics affiche une tendance baissière. Hors dette rétrocédée par l'État, elle ressort à 960 milliards de FCFA, soit 2,8% du PIB.

La CAA indique que cette composante " est en baisse de 0,7% en variation mensuelle, de 1,1% en glissement trimestriel et de 7,9% en glissement annuel ". La structure de cette dette fait apparaître une prédominance des engagements domestiques. Le communiqué précise en effet que " sa structure révèle une prédominance des créances intérieures à 53,8%, constituées de la dette intérieure bancaire et de la dette flottante, suivies des créances extérieures à hauteur de 46,2% ".

Au-delà de la dette directement comptabilisée, les engagements conditionnels de l'État demeurent également élevés. Les passifs explicites liés principalement aux partenariats public-privé sont estimés à 4 895 milliards de FCFA, soit 14,1% du PIB. Le document souligne toutefois que ce niveau demeure " globalement stable depuis plus d'un an ".

De leur côté, les collectivités territoriales décentralisées continuent d'occuper une place marginale dans l'endettement public national. Leur dette est évaluée à 26 milliards de FCFA. Les autorités reconnaissent néanmoins des difficultés persistantes dans le suivi et la remontée des données relatives aux engagements des communes et des régions.

Le rapport de la CAA explique ainsi que " des efforts soutenus sont en cours afin d'améliorer sa comptabilisation et sa traçabilité, à travers un renforcement de la coordination entre le ministère des Finances, le ministère de la Décentralisation et du Développement local, et le Comité national de la dette publique ". Le texte ajoute que " des actions de sensibilisation de ces entités se poursuivent, à l'effet de s'assurer de la saisine obligatoire et systématique du CNDP avant toute contractualisation de financements intérieurs ou extérieurs, garantis ou non par l'État ".

Perton Biyiha 

Publié le 15/05/26 19:14

La Rédaction

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