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Cameroun : Face aux impayés croissants des administrations publiques, l’État veut généraliser l'usage de compteurs intelligents

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Le Cameroun veut renforcer le paiement de l'électricité consommée par ses administrations en généralisant progressivement les compteurs intelligents sur les points de livraison publics. Le dispositif intervient dans un contexte où les factures adressées aux entités publiques restent largement impayées.

Selon les données communiquées par l'ex-Eneo en 2024, rebaptisée Société camerounaise d'électricité (Socadel) après sa nationalisation, environ 7 milliards FCFA de factures étaient émis chaque mois à destination des administrations, des entreprises publiques, des hôpitaux et des universités. Sur les deux premiers mois de cette année-là, seuls 3,3 milliards FCFA avaient été encaissés sur près de 14 milliards FCFA facturés.

Le gouvernement vient donc de réceptionner 16 000 compteurs intelligents destinés en priorité aux bâtiments publics. Le calendrier fixé par les autorités prévoit l'installation d'au moins 10 000 appareils sur les points de livraison de l'État avant le 30 décembre prochain.

L'objectif est d'abord de disposer de données plus précises sur les volumes effectivement consommés par les services publics. Le dispositif doit également contribuer à réduire les contestations liées aux factures et à faciliter le rapprochement entre la consommation réelle et les montants réclamés par le distributeur.

L'enjeu est important au regard du niveau des arriérés accumulés par le secteur public. En janvier 2025, selon les estimations officielles, l'État devait à Eneo environ 120 milliards FCFA, tandis que la dette totale de l'entreprise envers ses créanciers était alors évaluée à plus de 500 milliards FCFA. Début 2025, l'ex-Eneo indiquait de son côté réclamer à l'État des arriérés évalués à 266 milliards FCFA accumulés depuis 2022, dont 60 milliards FCFA au titre de l'éclairage public.

Ces montants faisaient toutefois l'objet de divergences entre les parties. Eneo expliquait notamment que le différend concernant l'éclairage public était lié à l'absence de moyens de comptage suffisamment fiables. L'entreprise estimait que cette situation compliquait la détermination des consommations réelles, tandis que l'État s'appuyait notamment sur ces insuffisances pour contester certaines factures.

Le compteur ne suffira pas à régler les impayés

La nationalisation de la compagnie d'électricité n'a pas effacé son lourd passif. Le gouvernement en est conscient. C'est pourquoi, en parallèle du déploiement des compteurs intelligents, il prévoit d'autres mécanismes destinés à améliorer le recouvrement des factures et à renforcer la viabilité financière du secteur.

Le Compact énergétique national 2025-2030, élaboré avec l'appui de la Banque mondiale, prévoit ainsi des mécanismes de paiement plus contraignants pour les administrations et les établissements publics. Le document prévoit notamment que les factures d'électricité du mois précédent soient intégrées au fichier de paiement des salaires du mois suivant. Les montants dus pourraient ainsi être prélevés directement dans le circuit budgétaire.

Le Compact prévoit également la budgétisation des arriérés de consommation. Pour les organismes qui continueraient à accumuler des impayés, les sommes dues pourraient être prélevées directement sur les subventions qui leur sont versées. Les entreprises publiques bénéficiant d'acomptes ou d'avances de l'État sont également concernées par un mécanisme de retenue à la source.

Le programme de compteurs intelligents vient ainsi compléter cette politique de maîtrise de la consommation et de rationalisation des dépenses publiques.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 29/09/26 10:36

La Rédaction

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