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Cameroun : La ville de Yaoundé relance le chantier du BRT promis depuis 15 ans

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Le 23 septembre 2026, à l'Hôtel de Ville de Yaoundé, le maire Luc Messi Atangana a officiellement relancé le projet de Bus Rapid Transit (BRT) TransYaoundé, un système de transport collectif. Le futur corridor doit relier la plateforme multimodale d'Olembé, dans le nord de la capitale, au quartier Ahala, au sud de Yaoundé, sur un tracé de 22 kilomètres. Il desservira notamment Messassi, à la sortie nord de la ville, Etoudi, le marché central, le Poste central, Mvog-Mbi, ainsi que Mvan, à la sortie sud, sur l'axe menant vers Douala.

Vingt-huit stations et, à terme, 52 bus électriques articulés de 18 mètres doivent permettre de transporter jusqu'à 43 000 passagers par jour. Le tarif moyen annoncé se situera entre 200 et 300 FCFA. Porté par l'Agence française de développement (AFD) et la coopération allemande, à travers la GIZ, avec l'appui financier de l'Union européenne, le projet entre désormais dans une nouvelle phase. Celle-ci sera consacrée aux études et aux concertations, préalable indispensable avant le lancement effectif des travaux.

L'idée d'un système de bus rapide pour Yaoundé est loin d'être nouvelle. Dès 2015, le ministère des Finances avait annoncé, dans le cadre d'un mémorandum signé avec l'entreprise brésilienne Marcopolo, la construction de deux lignes pilotes à Yaoundé et à Douala. Leur mise en service était alors espérée pour 2018. Mais ce premier montage n'a jamais dépassé le stade des études topographiques et de trafic.

Quatre ans plus tard, le projet a été relancé sous l'appellation " Mobilise Your City " par le ministre du Développement urbain et de l'Habitat de l'époque. Là encore, l'initiative n'a pas débouché sur la réalisation d'un corridor. Elle s'est toutefois accompagnée de l'élaboration d'un Plan de mobilité urbaine soutenable pour la Communauté urbaine de Yaoundé, document qui allait préciser les contours du futur réseau.

A Douala comme à Yaoundé, le BRT piétine

Publié en 2019, ce plan chiffre pour la première fois le coût du corridor nord-sud Olembé-Ahala à 36 milliards FCFA, achat des bus électriques compris. Selon le calendrier alors retenu, les travaux devaient démarrer en 2026 pour une mise en service en 2028. Le document prévoit également deux autres corridors, à l'ouest et à l'est de la capitale, évalués respectivement à 19,5 milliards FCFA et 47 milliards FCFA. L'ensemble du programme représentait ainsi 102 milliards FCFA, avec des financements mobilisés par l'AFD, la GIZ et plusieurs partenaires européens.

les corridors supplémentaires à l'ouest et à l'est de la ville restent toutefois incertains, notamment au regard des informations communiquées par le ministère de l'Habitat et du Développement urbain en 2024.

À Douala, le projet de BRT connaît lui aussi des retards et des difficultés de mise en œuvre depuis son lancement en 2022. Ces atermoiements ont été suffisamment importants pour que la Banque mondiale, principal bailleur du programme, menace de résilier son financement.

Le projet semble néanmoins avoir franchi une étape supplémentaire. En octobre 2025, la Communauté urbaine de Douala a lancé les premiers appels d'offres pour l'aménagement de 12,5 kilomètres de voiries d'accès. En juillet 2026, elle a ensuite attribué à l'entreprise chinoise China First Highway Engineering Co. un marché de 18,6 milliards FCFA, toutes taxes comprises, portant sur l'aménagement d'un premier tronçon de voies de rabattement.

Évalué globalement à 335,3 milliards FCFA, le programme de Douala doit bénéficier de 261 milliards FCFA de financement de la Banque mondiale. Le solde doit être couvert par un partenariat public-privé et par la Ville de Douala.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 23/09/26 15:17

La Rédaction

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