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Cameroun : Le FMI anticipe un nouveau dérapage budgétaire en 2026

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Le Cameroun aborde la fin de l'exercice 2026 avec une trajectoire budgétaire plus incertaine que celle retenue au début de l'année. Dans son évaluation post-financement, menée à Yaoundé du 17 au 30 septembre, le FMI anticipe " une nouvelle détérioration modérée " des finances publiques en 2026, notamment sous l'effet du choc sur les cours internationaux du pétrole, qui entraîne " d'importantes subventions aux carburants ". La dégradation attendue intervient alors que le déficit était déjà passé de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025, éloignant davantage les comptes publics de la trajectoire de consolidation recherchée par les autorités.

À cette pression sur les comptes publics s'ajoute une croissance qui devrait ralentir en 2026. Après avoir atteint 3,5 % en 2025, au même niveau qu'en 2024, l'activité économique devrait perdre de la vigueur cette année. " Le secteur des services continue de faire preuve de dynamisme, mais le recul de la production d'hydrocarbures et les retards dans le renforcement des capacités de transport de l'électricité laissent entrevoir un léger ralentissement en 2026 ", a souligné Christine Dieterich, qui dirigeait la mission du FMI au Cameroun.

Pour le FMI, ce ralentissement attendu de l'activité complique davantage l'équation budgétaire. Une croissance moins soutenue limite le potentiel de progression des recettes fiscales et douanières, alors que les dépenses publiques restent soumises à d'importants besoins.

À cette contrainte s'ajoute le risque d'une remontée de l'inflation. Après être revenue à 2,6 % en moyenne sur la période allant jusqu'à août 2026, l'inflation devrait repartir à la hausse sous l'effet de nouvelles pressions sur les prix alimentaires, souligne l'institution.

Face à cette conjoncture, le FMI appelle les autorités à accentuer l'effort d'ajustement budgétaire afin de préserver la stabilité macroéconomique. " Préserver la stabilité macroéconomique durement acquise dans un monde exposé aux chocs exige un resserrement budgétaire, une mobilisation accrue des recettes intérieures et la recherche de financements concessionnels ", indique Christine Dieterich. 

Le Fonds recommande également d'accélérer les réformes relatives à la gouvernance des dépenses publiques, à la gestion des entreprises publiques et à l'approfondissement du secteur financier.

Les conditions de financement constituent par ailleurs une source de vulnérabilité supplémentaire. Le FMI avertit que les perspectives financières restent exposées aux conditions sur les marchés internationaux des capitaux, à la lenteur dans la mise en œuvre des réformes ainsi qu'aux défis sécuritaires et climatiques. Dans le même temps, son analyse de viabilité de la dette continue de faire apparaître " un risque global élevé de surendettement ".

L'évaluation post-financement doit être examinée par le Conseil d'administration du FMI en décembre 2026. D'ici là, le principal enjeu pour les autorités camerounaises sera de limiter l'écart entre la trajectoire budgétaire programmée et une exécution confrontée à des dépenses imprévues, à une conjoncture pétrolière moins favorable et à une croissance appelée à ralentir.

Rappelons que le Cameroun ne dispose actuellement d'aucun programme économique avec le FMI, le dernier ayant pris fin en juillet 2025. Depuis, le pays négocie avec le Fonds monétaire international en vue de conclure un nouveau programme. Celui-ci ne devrait toutefois pas être conclu avant la fin de l'année.

Selon les projections contenues dans le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, les autorités tablent désormais sur la conclusion d'un nouveau programme avec le FMI en 2027.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 02/10/26 10:24

La Rédaction

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