À deux exercices de la fin de son Plan stratégique Azobé 2023-2027, la BDEAC reste très éloignée de son objectif de 1 700 milliards FCFA de nouveaux engagements. À fin décembre 2025, les financements cumulés approuvés depuis le lancement du programme atteignaient 498,8 milliards FCFA, soit seulement 29,35% de la cible quinquennale. Il reste donc environ 1 201 milliards FCFA à engager sur les exercices 2026 et 2027. Le retard s'est surtout creusé en 2025.
Après 273,4 milliards FCFA d'engagements en 2023, puis 191,4 milliards en 2024, la Banque n'a approuvé que 34 milliards FCFA en 2025. La baisse atteint 82,23% sur un an. Pour ce seul exercice, la BDEAC s'était fixé une cible opérationnelle de 250 milliards FCFA, dont seulement 13,61% ont été réalisés. Rapporté aux cinq années du Plan, l'objectif de 1 700 milliards suppose environ 340 milliards FCFA de nouveaux engagements par an. La BDEAC calcule elle-même qu'après trois exercices elle aurait dû se situer autour de 1 020 milliards FCFA, soit 60% de l'objectif global.
Avec 498,8 milliards effectivement engagés, l'écart par rapport à cette trajectoire dépasse déjà 520 milliards FCFA. La marche à franchir sur les deux dernières années devient donc considérable. Pour atteindre intégralement la cible de 1 700 milliards FCFA, la Banque devrait engager en moyenne un peu plus de 600 milliards FCFA par an en 2026 et 2027, soit près de dix-huit fois le volume réalisé en 2025. Le rapport ne garantit pas que cette cadence sera atteinte, mais il insiste sur la nécessité d'un " redressement significatif " de la performance commerciale et opérationnelle.
La BDEAC identifie plusieurs points de blocage : maturation insuffisante des projets, délais internes de traitement, coordination avec les États et les promoteurs, mais également retards dans le paiement des frais d'instruction et le retour des lettres de mandat. Pour les deux derniers exercices du Plan Azobé, la Banque prévoit donc de renforcer la prospection et d'accélérer la préparation des projets structurants. La réalisation de l'objectif de 1 700 milliards dépend désormais largement de cette capacité à transformer plus rapidement les dossiers en engagements effectifs.
Idrissa Diakité
Publié le 30/09/26 11:05
La Rédaction
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CEMAC