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CEMAC : La BEAC mise sur les enchères et un marché secondaire de la dette pour fluidifier le financement de l’économie

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À Bangui, le 3 octobre 2026, lors de la clôture de la 5e édition des Journées des banquiers de la CEMAC, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), a présenté plusieurs chantiers destinés à faciliter la mobilisation de l'épargne, améliorer la circulation des liquidités et renforcer l'intégration financière des six économies de la région.

Parmi les mesures annoncées figurent une utilisation accrue des enchères sur le marché des titres d'État et la création prochaine d'un marché secondaire de la dette. Ces deux instruments doivent intervenir à des moments différents de la vie d'un titre : les enchères concernent principalement son émission sur le marché primaire, tandis que le marché secondaire permettra de l'échanger après son émission.

Sur le marché primaire, les États viennent chercher des financements en proposant des titres aux banques et aux autres investisseurs. Avec un recours accru aux enchères, les conditions auxquelles ces titres sont attribués pourront être davantage déterminées par les offres des investisseurs. Le mécanisme doit ainsi contribuer à une meilleure formation des prix et des rendements sur le marché régional de la dette.

Le futur marché secondaire répond, lui, à une autre contrainte : celle de la liquidité des détenteurs de titres. Une banque qui détient un titre de dette peut, par exemple, avoir besoin de liquidités avant son échéance. La possibilité de revendre ce titre à un autre investisseur lui offrirait davantage de souplesse dans la gestion de son bilan. L'acheteur, de son côté, pourrait investir dans une dette déjà émise sans attendre une nouvelle opération de financement de l'État.

Dans son bilan présenté à Bangui, Yvon Sana Bangui a ainsi annoncé " un marché financier pour stimuler l'épargne, promouvant la BVMAC et le marché des titres d'État par le biais d'enchères ", ainsi que " la création prochaine d'un marché secondaire de la dette pour permettre aux banques de mieux gérer leur liquidité ".

La modernisation du marché financier ne constitue toutefois qu'un volet de la transformation engagée par la banque centrale. La BEAC travaille également à la modernisation des infrastructures de paiement, avec la mise en place d'un système de paiement instantané interopérable à l'échelle de la CEMAC. L'objectif est que, d'ici fin 2027, 100 % des transferts inférieurs à 5 millions de FCFA puissent être réalisés en moins de 10 secondes. Le dispositif doit couvrir les banques, les établissements de microfinance et les services de paiement.

L'ensemble de ces réformes répond à un même objectif : mieux transformer l'épargne disponible dans la région en financements pour l'économie. La CEMAC devrait enregistrer une croissance de 3,8 % en 2026, selon les données citées par le gouverneur, mais cette dynamique reste limitée à 0,9 % par habitant selon la Banque africaine de développement (BAD).

Claude Paul Tjeg

Publié le 05/10/26 12:55

La Rédaction

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